27 janvier 2021

Designer chez RAM à Detroit, il roule en Lada Niva aux USA

Adam est Designer extérieur chez RAM Trucks à Detroit. Mais c’est aussi un vrai passionné et un fin connaisseur de la chose automobile. La preuve? Il roule en Lada Niva aux USA ! Il nous a raconté sa passion et son amour pour sa petite russe. 

Adam Hubers, qui es- tu ? 

Partir en road-trip aux USA a été une magnifique expérience pour Road-Story. L’occasion de découvrir New-York tout d’abord mais aussi et surtout de faire un point sur la surprenante passion des ricains pour la marque Citroën, et pas seulement. Aujourd’hui nous continuons sur notre série de portraits américains avec un personnage très sympathique et surprenant. Adam Hubers est en effet designer senior chez RAM où il décide les carrosseries des mastodontes de la marque. Mais pour repartir du boulot le soir, il s’est offert une Mini Cooper S de 2012, toute noire, rabaissée et équipée de suspensions spéciales. Si ce choix peut paraître surprenant au pays des pickups, ce n’est pas ce qui a le plus retenu notre attention. 

Un Niva chez l’oncle Sam 

Adam roule en effet également en Lada Niva. “J'ai acheté la voiture à Cleveland Ohio, à un gentleman ukrainien et à son cousin, il y a un peu plus de deux mois. En tant que passionné de voitures, j’aime les voitures uniques avec une histoire forte notamment en termes de design ou de conduite. J’ai besoin d’une voiture qui a de la personnalité.” Le moins que l’on puisse dire c’est qu’avec une Niva à Detroit, Adam a peu de chances d’avoir un voisin avec la même voiture. 

Un Niva ou votre propre voiture sur un vêtement ou un objet vintage? C'est sur Classic-Mobil

Un amateur de voitures originales 

Mais la vraie question reste posée, comment notre designer de Detroit s’est-il retrouvé avec un Niva dans son garage? “Avant d’acheter une Lada, j’ai bossé trois mois au Brésil. J’en ai profité pour importer une Volkswagen SP2 1975 aux États-Unis. Au final c’était une merguez (“A Lemon” en anglais). Je l’ai revendue après une série de problèmes. J’étais parti pour en importer une autre, mais j’ai laissé tombé en raison du coût de transport et du stress lié à l’importation.” me raconte notre designer. “Du coup j’étais toujours à la recherche d’une voiture rigolote pour le week-end. Detroit a une culture automobile très forte et surtout très diversifiée qui m’a sûrement influencé. Ici on peut rencontrer n'importe quoi. Vous croisez une Ferrari F40, suivie d’une BAC Mono, puis vous tournez la tête et vous voyez un gars en Skyline GTR R34 ou en Citroën Cactus !” m’explique Adam. “Pas très loin d’ici, il y a avait bien une BMW 535i de 1987 qui avait été importée de Belgique et qui était à vendre. Mais là aussi un problème de paperasse m’a dissuadé. Je suis donc allé sur un site de voitures d’occasions en ligne.” 

Et pourquoi pas une Niva? 

“Je suis tombé sur cette Lada à 3h30 de chez moi. Avec une longue conversation avec le propriétaire, je me suis dit que cette bagnole était pour moi. Il ne m'a fallu que quatre jours pour tout organiser avant de la ramener à la maison avec un camion et une remorque.” Je demande alors à Adam s' il connaît d’autres Lada aux USA. “Oui, il y a trois Lada autour de Detroit. Des 2101, mais concrètement c’est pas un truc que vous croiserez tous les jours ici”. 

Le Michigan, paradis de l’immatriculation 

Aux Etats-unis, dès lors que la voiture à 25 ans ou plus, il n’y a pas de restrictions pour immatriculer une voiture importée. Mais Adam précise : “Certains États comme la Californie sont très stricts sur les émissions et sur la sécurité. Vous pouvez vous retrouver avec des “inspections” assez stricts. (Une sorte de contrôle technique). Mais la beauté du Michigan c’est qu’ici, une fois la voiture sur le sol américain, on vous donne la carte grise et vous n’avez plus qu’à l’assurer et à partir à son volant”. 

Une voiture de tous les jours? 

“J’ai décidé que je ne conduirai ce Niva que les jours de beau temps! Je l’ai acheté au milieu de l’hiver et ici au Michigan, les routes sont très salées en cette saison.” Une sage décision quand on connaît la faculté du Niva à aimer la rouille. “Je roulerai avec cet été. En tous cas, il démarre au quart de tour et il marche très bien. Les anciens propriétaires ont pris soin de remplacer de nombreuses pièces et je suis convaincu que les anciennes Lada sont construites comme des chars, indestructibles!”

Souvenir d’enfance 

Je demande alors à notre ami, quelle image il avait des Lada avant d’en posséder une. Est-ce que la marque évoquait quelque chose à ses yeux d’américain? “La première fois que j’ai vu une Lada Niva de ma vie, je devais avoir environ huit ans. C’était il y a 31 ans, et j’habitais alors au Moyen-Orient à Muscat, Oman. Mes parents étaient missionnaires là-bas, ce qui a fait que cette partie du monde a fait partie de ma vie pendant dix ans” me raconte Adam. “Je me souviens en particulier en avoir vu un blanc sur le chemin de l’école. Je l’avais trouvé tellement moche ! Son apparence tranchait vraiment avec ce que j’avais l’habitude de voir comme voitures à l’époque. Quand je pense que maintenant c’est moi qui en possède un !”  Mais justement, quel est le regard de ses compatriotes aujourd’hui quand ils voient le Niva? 

Niva ou Ford Bronco? 

“C’est drôle parce que les gens ont toujours l’air confus quand ils voient le Niva.” Les américains aiment l’automobile et la petite Soviet intrigue : “On vient tout le temps me demander ce que c’est comme voiture. Certains pensent même qu’il s’agit d’une des premières Ford Bronco. Je les vois souvent se creuser la tête à mon passage. Je vois qu’ils cherchent ce que ça peut bien être”. Une situation qui amuse Adam et qui parle à ce passionné “Cela ne me dérange pas, au contraire. C’est toujours intéressant d’éduquer les gens sur ces voitures qui n’ont jamais été importées sur notre marché”. C’est même le genre d’histoires qui nous animent chez Road-Story. En attendant Adam compte sur son réseau d’amis à l’étranger et sur internet pour trouver des pièces ou des conseils si besoin. Mais Adam est bien décidé à prendre soin de son Niva et à le traiter comme une pièce de collection. “Il roulera en ville et je compte bien l’emmener à des rassemblements”. La passion automobile n’a pas de limites, et Adam nous le prouve aujourd’hui encore. Merci à lui pour sa disponibilité et cette belle séance photo. 

Nicolas Laperruque 

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Photos : Jason Mosery 

 

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