09 décembre 2019

Road Trip USA #2 Un soir à New York City en Chevrolet Suburban 


On se rappelle toute sa vie de son premier soir à New York. C’est ce que je vais vous raconter dans cet épisode. NY by night en Chevrolet. 

Premier soir à NYC.

Lorsqu’on prend possession de notre Chevrolet Suburban on se dit que le véhicule est vraiment énorme. Et il l’est, avec 5,65 m et 2620 kg, c’est même un putain de monstre. Mais le plus impressionnant c’est la largeur de 2,04 m et la hauteur de 1,89 m. 
Cette véritable institution aux Etats-unis, en est à sa douzième génération et cette déclinaison a été présentée en 2014. C’est le cousin direct des GMC Yukon XL et Cadillac Escalade ESV. 
Notre véhicule de loc est pourvu de 8 places, il existe également en 9 places. 

L’espace du coffre est de 1098 litres avec les 3 rangées de passagers occupées. On peut monter à 3429 litres en rabattant les sièges. Opération qui prend une seconde grâce à une commande dans le coffre qui rabat tous les sièges en un mouvement. Avec au menu un plancher plat sur les deux rangées du fond. 
Nous sommes 6 avec une dizaines de sacs et valises et tout ça rentre dans le coffre sans broncher. 

A l’intérieur de l’habitacle la place est royale. Oubliez les notions d’espace aux jambes, de garde au toit, ou de largeur aux coudes. Ce sont des problématiques de voitures européennes. Ici vous avez la place dont vous avez besoin. Au moment de m’asseoir je redécouvre ces sièges à l’américaine, surement parmi les plus larges de la production automobile mondiale.

Direction le Queens 

L’imposante calandre chromée du Chevy pousse l’air brûlant sur l’Interstate 678. En cette fin de journée de Juin, il doit faire encore un bon 30 degrés celsius.

La clim automatique tri-zone tourne à fond et le V8 ronronne gentiment. L’itinéraire de la 678 débute à l'aéroport international John F.Kennedy sur la baie de la Jamaïque et se déplace vers le nord à travers le Queens et à travers l' East River. C’est ici que se trouve notre hotel sur les rives de l’East River. New York est tout droit devant, dans le pare brise. Les grattes ciel sont visibles 20 bornes avant d’arriver. Avec le soleil dans leur dos qui semble apporter un éclairage Hollywoodien sur ces édifices, difficile de ne pas rester bouche bée. La fameuse Skyline de New-York, se tient devant nous et on compte bien en profiter. Nous arrivons à l’hôtel Ravel à Queens Plaza. L’endroit est vraiment sympa.

Presque collé au Queensboro Bridge, il offre sur celui ci une vue imprenable. En arrivant on entend un “boom-boom’ persistant. Une fois dans la chambre cossue, je reçois un sms d’Hervé “Va faire un tour sur le balcon”. 

Bienvenue en amérique mec ! c’est la putain d’teuf à la piscine 

Il est 18h et mes petits New-Yorkais organisent une mégateuf sur le toit du bâtiment en face. Mon balcon donne direct sur la piscine. Musique à bloc, barbecue, nanas en bikini, et tout le monde qui se marre. New-York a cette particularité : les gens ont l’air heureux.

Tout le contraire de Paris où Hidalgo a certainement eu raison des ultimes illusions du Parisien moyen. Ce sera un fil rouge de ce voyage, à NYC les gens ont le sourire. Et en cette fin de journée, les gens heureux ont décidé de se foutre à moitié à poil pour boire des verres au bord de la piscine en s’enfilant des cocktails. What Else ? On serait bien restés plus longtemps mais on a eu une grosse journée, et le plateau repas transatlantique d’Air France est parti loin. Hervé nous l’a promis “pour ce soir faites moi confiance, vous allez aimer”. 

Circulation New Yorkaise 

Dans la voiture, toutes les têtes sont tournées vers le ciel. Le spectacle est partout, surtout si vous n’êtes jamais venu dans cette ville.

Nous sommes partis ce matin à l’aube de Lausanne, avant de prendre un premier vol Genève-Paris, puis un Paris-New York, rajoutez à cela le décalage horaire, les formalités, et tout le reste. Pourtant tout le monde dans la voiture n’a qu’une envie, découvrir enfin NYC. Et ça tombe bien car nous y sommes, et l’endroit où on se rend est on ne peut plus authentique. 


Nous passons l’East River sur le Williamsburg Bridge, qui a été longtemps le plus grand pont suspendu du monde, avec une longueur de 2 227 mètres. Nous roulons en direction de Little Italy avant de bifurquer sur Clinton Street et atteindre Houston Street. La circulation est bonne, c’est dans l’ensemble moins le bordel qu’à Paris. Ca circule, c’est fluide et même à cette heure ci c’est pas l’enfer. La disposition des quartiers en blocs rectangulaires et parallèles doit aider. C’est surtout plus facile de se repérer et de revenir sur ses pas en cas d’erreur. Nous arrivons à l’angle de Houston Street et Ludlow Street, où se trouve ce qui nous intéresse. 

Parking en or massif 

Après deux tours du “carré”, il apparaît rapidement qu’on ne trouvera pas de place de parking à la surface dans ce quartier fréquenté. La taille conséquente de notre paquebot n’y étant pas étrangère, même si il demeure facilement manoeuvrable. Grâce à une direction bien assistée et à de nombreuses assistances dont les radars et caméras de recul. Hervé Katz enfile en vieil habitué Ludlow Street et engouffre le Suburban dans un parking privé. Je descend du Suburban qui dispose d’une option sympa, le marchepied électrique.

L’engin est tellement haut perché que ce n’est pas un luxe de disposer d’une petite marche pour descendre ou monter. Au Ludlow parking, l’accueil est poli, nous laissons les clés et un pourboire à un mec qui se chargera de garer le véhicule, et de le surveiller jusqu’à notre retour. En levant la tête vers le panneau indiquant le tarif, nous décidons d’un commun accord de diner en moins de 2 heures. 70 $ les 2 heures ! Ils nous ont pris pour des américains ou quoi ? 

Katz’s Déli

Il n’existe pas d’autre endroit à New-York où vous serez plus à New-York qu’ici. Au Katz’s Deli on fait du pastrami, et personne d’autre ne le fait mieux qu’eux. Institution New-Yorkaise depuis plus de 130 ans, le Pastrami du Katz’s est plus que jamais l’aliment de base du Lower East Side. Institution, parce que c’est probablement le plus vieux Deli de ce genre dans NYC, mais surtout car c’est tout simplement un des derniers endroits de ce genre encore debout, un survivant de la gentrification galopante. 

New York en intraveineuse

Ici on s’arrange pour ne rien changer. Du néon, aux photos de stars des années 70 ou 80 sur les murs, en passant par le personnel ou les recettes, moins ça change, moins les gens risqueraient d’être déçus. Si vous venez ici c’est que vous aimez cette nostalgie, c’est que vous avez besoin de New-York en intraveineuse. Et que vous avez probablement faim. 
Les recettes justement rappellent au visiteur l’histoire du quartier. Quand les vagues d’immigrés venant des pays de l’Est trouvaient refuge dans le Lower East Side, apportant avec eux leur cuisine. 

C’est comme ça depuis 131 ans mon pote et ça changera pas 

Depuis 131 ans, en entrant au Katz’s Deli on prend un ticket. Un grand ticket bleu tout en longueur. Pourquoi ? Parce que c’est comme ça depuis 131 ans mon pote. Chaque adulte qui rentre au Katz se voit délivrer ce ticket, et il doit impérativement le présenter à la sortie pour régler. En cas de perte le contrevenant en sera pour 50$ de taxation d’office par ticket perdu. 


Depuis 131 ans également, si une fois que tu as fait la queue et que viens ton tour de commander au comptoir, tu ne sais toujours pas quoi prendre, tu vas te faire crier dessus. La règle c’est de savoir ce que tu veux. Tu as eu le temps d’y penser, tu dois savoir pourquoi tu es venu. On t’aura prévenu. 


Maintenant tu peux assister à la découpe, somptueuse. Couper de la viande est un art et ici on le maîtrise à la perfection. Dans le prix du sandwich il y a cette part de spectacle. Le cuisto à une bonne gueule d’acteur, avec son couteau énorme, la vapeur qui s’échappe et le geste répété cent mille fois, qui donne des tranches au millimètre. 

Une institution 

L’immense comptoir faisant toute la longueur de la salle de restaurant est divisée en 4 zones de commandes. GRILL, CUTTER, SIDES DRINKS et BACK COUNTER. 
Le Grill, premier comptoir en arrivant, permet de commander Burgers, Hot Dogs, ou Soupes locales. Vous prendrez votre boisson au Drink évidemment et commandez vos blintzes, des crêpes très populaires dans la cuisine ashkénaze, au Back Counter.

C’est ici aussi que vous pourrez expédier des produits du restaurant partout dans le pays ou carrément envoyer de la charcuterie à un membre de l’armée en mission à l’étranger. “Send a salami to your boy in the army” annonce le panneau. 

La découpe 

Ce qui nous intéresse c’est le comptoir Cutter où les sandwichs sont préparés. Il y a une petite file de clients devant nous mais l’attente sera récompensée. Ici les mecs découpent 13 tonnes de viande par semaine minimum. 

Comme sur une bagnole allemande, il y a plein d’options disponibles. On opte pour le Pastrami sandwich with coleslaw and swiss cheese. Pendant qu’il prépare nos sandwichs le chef nous met quelques morceaux de boeuf à déguster sur le comptoir. Le pastrami est un morceau de poitrine de boeuf, préparé selon une certaine méthode.

On trempe le morceau dans la saumure, ensuite il est fumé et éventuellement farci de graines de piment vert, d’épices, de coriandre ou de poivre. Présenté en tranches très fines, il est utilisé en garniture de sandwich.
Indispensable pour conserver la viande à l'époque où les réfrigérateurs n'existaient pas, ce mode de préparation n'a plus d'utilité pratique, si ce n’est que c’est super bon. 

Ca fond dans la bouche, comme un pavé dans la gueule d’un flic 

 Il est précisé que l’on peut demander de la mayo “à nos risques et périls”. J’avais pas bien pigé pourquoi. En voyant le “découpeur” empiler des tonnes de viande entre les deux tranches de pain, je commence à comprendre. Effectivement ça sera pas simple à manger sans en foutre partout.

Le Pastrami c’est la vie. Juteux, parfait, “juicy” comme ils disent ici. La première fois que vous mangerez un de ces sandwichs, une fois votre cul assis sur une de ces chaises, invariablement vous vous poserez cette question : comment ça se mange un truc aussi gros?

Mange le c’est tout, attrape le, embrasse le si tu veux, sache qu’on appelle ça un two hands sandwich et que c’est pas pour rien. A partir de là, le pain de seigle fera de son mieux pour envelopper convenablement cette viande exquise, mais il y a fort à parier que l’édifice finisse par se casser la gueule. Peu importe, même en pièces détachées ce sandwich sera certainement un des meilleurs de toute ta vie. Pourquoi ? Parce qu’ils ont 131 ans de pratique. 

L’histoire de NYC résonne en ces murs. 

Le bruit de fond, ça cause, ça mange, ça crie derrière le comptoir? Non c’est l’histoire de New York qui résonne dans ces murs. Pas étonnant que le cinéma ai fait du Katz’s Deli un de ses lieux de tournage favoris. A l’image de la célèbre scène dans Quand Harry rencontre Sally, dont la table est indiquée par un panneau suspendu au plafond. Le restaurant est visité chaque semaine par des milliers de touristes mais c’est les New-Yorkais qui ont fait le Katz et il fait partie intégrante de la culture de la ville. 

Une réputation méritée 

On ne peut bâtir une réputation sur sa seule longévité, fut-elle de 130 ans. Les meilleures parties du boeuf sont sélectionnées. Les corned-beef et pastrami sont traités à l'aide d'une méthode plus lente, qui parfume au mieux la viande, sans injection de produits chimiques, d'eau ou d'autres additifs pour accélérer le processus. Un processus qui peut prendre 30 jours de traitement complet, quand le boeuf préparé dans le commerce dépasse rarement les 36 heures.  

Les petits frenchies ont bien mangé et rentrent avec le ventre plein et des images plein les yeux. Dans le Chevrolet, les clic des appareils photo ne cessent pas. On a envie de ramener un maximum d’images, de souvenirs. Je me dis que New-York doit être l’endroit le plus photographié au monde. Un dernier verre avant de remonter dans ma chambre. Je m’endors avec une vue imprenable sur Manhattan. Bienvenue à New-York, mec ! 

Katz’s Deli : 
205 East Houston Street (au coin de Ludlow St)
New York, 10002
1-800-4HOTDOG OR (212) 254-2246

Ravel Hotel : 
Adresse : 8-08 Queens Plaza S, Long Island City, NY 11101 

Nicolas Laperruque 

Merci à Hervé Katz

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