11 janvier 2020

Maserati Levante Trofeo, la Maserati de route la plus puissante jamais commercialisée

Nous avons testé en long, en large mais surtout en travers, la Maserati de route la plus puissante jamais commercialisée. C’est un SUV. Génie ou blasphème ? 

Un SUV à moteur Ferrari 

Quand les marques dites prestigieuses se sont mises à faire dans le SUV, nombreux ont été les détracteurs de ce genre de carrosserie à hurler au scandale. Jusqu’ici si on voulait un gros 4x4 luxueux on achetait un Range Rover. Maintenant ces bestioles hautes sur pattes ont la prétention d’offrir des performances de sportives. 

Avec ses 430 ch dans sa version S, le Maserati Levante proposait une puissance honorable mais peu être un poil juste pour s’attaquer aux Range Rover SVR ou Porsche Cayenne Turbo. Avec l’arrivée du GTS de 530 ch, et enfin de cette déclinaison Trofeo de 580 ch, la marque Italienne compte rappeler à la concurrence son charme à l’Italienne. 
Les ouïes d’aération sur le capot annoncent la couleur. Rouge, comme les cache culbuteurs du moteur V8 de 3,8 litres assemblé à Maranello chez Ferrari. Oui le SUV Ferrari existe déjà et c’est un Maserati. 

Le charme Italien 

L’intérieur est tendu de cuir rouge pleine fleur, d’Alcantara et de carbone. La présentation est réussie, avec une ambiance unique, loin de l’aspect clinique d’une allemande équivalente. Tordons le cou à une vieille légende, la finition est exemplaire. On regrette par contre le système multimédia daté, qui dénote un peu à ce niveau de prix. La sono est bonne mais les meilleures enceintes du monde ne sauraient remplacer l’orchestre philharmonique qui joue sous le capot. En effet, presser le bouton de mise en route du Levante Trofeo flattera l’ouïe de son propriétaire.

Le son du V8 et de sa ligne d’échappement sont travaillés pour distiller une dose de bonheur à chaque accélération. Un vrai pousse au crime d’autant que la mécanique montre une belle santé à tous les régimes, qui s’accentue diaboliquement passé 3000 trs/m. La boîte automatique montre une douceur exemplaire et les 8 rapports s'enchaînent sans à coups malgré un couple camionesque de 730 Nm. C’est une vraie qualité, dans ce genre d’engin typé GT, une transmission mal calibrée aurait pu plomber le tout. Il n’en sera rien.

La boîte se fait oublier pour coller au confort de limousine que distille ce Levante, mais ne s’endort jamais, au cas où Monsieur souhaiterait un coup de pied au cul. Un confort qui ne souffre pas trop du diamètre camionesque des roues qui culminent à 22 pouces. 
L’habitabilité de la bestiole n’a rien d’impressionnant. Mais cela suffira pour transporter 4 adultes et pas trop de bagages. Mais on s’en fout, ce qu’on veut savoir c’est si ce pachyderme de 2,2 tonnes arrive à prendre les virages ou non. 


Un châssis efficace qui ferait oublier le poids 
A ce stade de l’article, je pourrais même ajouter qu’on attend le Maserati au tournant. Et ça tombe plutôt bien tant l’équilibre du Levante surprendra les plus sceptiques. La transmission intégrale fait passer en priorité la puissance sur les roues arrières, comme une propulsion, avant d’envoyer jusqu’à 50 % du couple sur les roues avant en cas de besoin.

Il en ressort un tempérament joueur, idéal pour placer naturellement ce gros SUV en courbe. Sans recourir aux roues arrières directionnelles par exemple, il fait figure de référence chez les gros SUV sportifs grâce à des bases saines.  Les modes Sport et Corsa abaissent le centre de gravité de quelques millimètres et accentuent encore cette efficacité naturelle au prix d’un confort beaucoup plus ferme. 

Un pilote au volant 

Avant de rejoindre la maison Laurent Perrier pour le déjeuner, nous faisons un petit détour par les vignes où nous attend une surprise. Clément Delporte, pilote professionnel a privatisé les très étroites routes qui traversent les vignes pour nous organiser une spéciale. Casqué je rejoins le pilote qui actionne le launch control. “t’es prêt?”. Je pensais être prêt mais en fait le démarrage me colle au siège de façon plus brutale que je ne l’imaginais avec un 0 à 100 km/h enquillé en  4,1 s. Bientôt un virage à l’équerre à droite et une sortie de courbe un peu large me fait dire que ce ne sera pas facile de filmer quoi que ce soit. 

A pleine charge,  les performances, à la hauteur de la fiche technique,  sont de premier plan et le son du V8 est digne d’un opéra. La poussée engendrée par le bloc Ferrari semble ne jamais devoir s’arrêter. 
Les plus sportifs regretteront une direction qui gomme un peu trop les remontées d’informations du revêtement. Il faudra également rester vigilant et garder à l’esprit la masse du Levante. Le freinage, manquant de mordant malgré des disques de 380mm armés d’un étrier 6 pistons rappellera les limites de la physique au pilote en cas de sollicitations répétées. Après un aller-retour dans les vignes, je prend pleinement conscience des capacités hors normes de l’engin. Oui le Levante est lourd, 2,2 tonnes, et ça se ressent au freinage, mais il se montre digne du blason qu’il porte. 

Le bon compromis 

Le Trofeo offre tout ce qu’on attend quand on signe un chèque pour une Italienne. Le charme de l’ensemble avec la présentation tellement réussie.

Ce cuir rouge, ces surpiqûres, ces matériaux vivants, qui vous feront oublier n’importe quelle Audi ou Porsche. Le Trofeo met tous les sens en éveil. Mais sa principale qualité sera de concilier le confort d’une grosse routière cossue, avec l’exclusivité d’une marque mythique, tout en offrant des performances dignes d’une vraie sportive. Un rêve difficilement accessible au commun des mortels, le prix à payer pour goûter au charme Italien, dans une industrie automobile toujours davantage aseptisée. 


Fiche Technique : Maserati Levante Trofeo 

Moteur : 8 cylindres en V, 32 soupapes
Boîte de vitesse : automatique à 8 rapports, ZF 
Transmission : intégrale 
Cylindrée :  3799 cm3
Puissance : 580 ch à 6250 tr/m
Couple : 730 Nm à 2500 tr/m
0 à 100 km/h : 4.1 s
Vitesse maxi : 300 km/h 
Dimensions : LxlxH : 502 cm x 197 cm x 168 cm
Coffre : 580 dm3 / 1625 dm3
Consommation : mixte 13.3 L

Poids : 2170 kg
CO2 : 302 g/km

Tarif : 158 000 €

 

Nicolas Laperruque 

Photos : Cathy Dubuisson 

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