19 décembre 2019

Nouvelle Opel Corsa, elle a mangé du Lion !

La Corsa c’est le best seller d’Opel en Europe et même ailleurs dans le monde. Première Corsa pensée “sous Peugeot’, la citadine est basée sur la mécanique et la plate-forme de la Peugeot 208. Une gestation rapide, dont on aurait pu imaginer qu’elle accouche d’une copie de la française. Non seulement il n’en est rien mais cette Corsa ne compte pas rester dans l’ombre.  Direction les Alpilles, pour voir si cette Corsa aime les virages. 

Pas si LED que ça 

La nuit est déjà tombée sur la route qui nous ramène de l’aéroport de Marseille vers le domaine où nous passerons la nuit. Je fais équipe avec un pote journaliste dans une Corsa GS Line. Le débat est lancé sur les nouveaux feux à LED de cette citadine. En effet la Corsa est équipée de l’éclairage matriciel IntelliLux LED. Il permet de rester en plein phares. Le faisceau s’adapte seul en éteignant des LED pour ne pas éblouir les autres usagers. Sur les petites routes qui nous mènent au Domaine de Mainville, cette option est une alliée précieuse. On ne s’occupe de rien, et l’éclairage se module tout seul au gré des LED qui s’allument ou s’éteignent. Pour une citadine l’éclairage est bon, même très bon, mais n’atteint pas ce qu’on retrouve sur une compacte, à cause du nombre de LED. Mais ce faisceau se montre parfois un peu agressif en “allumant” les panneaux sur le bord de la route. 

Faire vite et bien 

Quand PSA a racheté Opel, une nouvelle Corsa était déjà quasiment prête à sortir. Marche arrière toute, le projet est mis à la poubelle et les ingénieurs allemands reprennent tout depuis le début. L’idée est de partir d’une plate-forme de 208 et de concevoir en un temps record une citadine apte à faire oublier la précédente génération. Une voiture qui devra utiliser un maximum de pièces PSA, tout en se démarquant autant que possible. Surtout, le temps est plus que compté et le développement ne devra prendre que quelques mois. 

Une Opel qui ressemble à une Opel 

Si on sait que la plate-forme est identique, on pourra deviner les proportions de la 208 sous la robe de la Corsa. Les flancs sont assez similaires, notamment en leur pli supérieur. La virgule qui part de la base de la roue avant pour aller mourir sur l’aile arrière, fait très Opel et apporte une belle dynamique. Dans l’ensemble cette voiture est réussie. Personnellement je la trouve plus élancée que sa cousine. Avec son toit noir flottant, son profil est plus léger, et la face avant moins caricaturale. Cette Corsa n’a pas inventé le design, on ne se relève pas la nuit pour aller la regarder dans le garage, mais elle fait le job. Je suis même certain qu’elle conviendra à la majorité des marchés européens. 

Un habitacle sobre mais agréable et bien fini 

C’est à l’intérieur que cette nouvelle Corsa se distingue le plus de sa cousine Peugeot. Exit le “i-Cockpit” réservé à la marque au Lion. Ici on retrouve une planche de bord plus rationnelle, plus classique. Les plastiques moussés recouvrent la partie haute de la planche de bord, tandis qu’un bandeau laqué parcourt l’ensemble. Les ajustements sont soignés et l'ergonomie appréciable. 
Devant le volant, l’instrumentation digitale est bien lisible, même de nuit. Au centre d’un grand écran tactile, réactif et intuitif, le GPS vous guidera à destination sans stress. 
Sur cette version GS, les sièges sport sont spécifiques et tout à fait recommandables, avec de généreux bourrelets latéraux favorisant confort et maintien latéral. 

Sur la route 

C’est sur ce point là que j’attendais la Corsa au tournant. Et ça tombe bien les tournants ne manquent pas ici. A la conférence de presse, on nous promet un châssis plus ferme, aux réglages différents, et mis au point en allemagne par les ingénieurs Opel. Grégoire Vitry de chez Opel France m’explique : “En Allemagne, on aime les allemandes. Ce que le client entend par là c’est qu’il souhaite retrouver ce fameux toucher de route un peu ferme, qui permet d’envisager une pointe sur l’Autobahn. Le client attend cela d’une allemande et il était important de lui donner”. 

Dans les lacets entourant notre hôtel, je ne met pas longtemps à comprendre. Non seulement la Corsa est effectivement un peu plus ferme que la 208, mais surtout elle se montre plus efficace. Non pas que la Peugeot ne tienne pas la route. Peugeot reste le maître du ratio confort/tenue de route. Mais cette Corsa propose une alternative un poil plus ferme, qui se montre d’une efficacité hors pair. Le train avant se montre extrêmement bien guidé. La tenue de route est impériale, la rigidité de l’ensemble fait merveille dans les changements d’appuis. On regrette seulement la direction un peu trop aseptisée qui gomme les sensations. Le confort ne souffre pas trop, notamment grâce aux sièges de cette version GS Line trés réussis. 

La Corsa mériterait un plus gros moteur 

Le moteur 3 cylindres Turbo à la sonorité typique, cadre bien avec la présentation sportive de cette finition GS. Livré exclusivement,  dans cette version 130 ch, avec la boîte automatique 8 rapports, on retrouve les qualités déjà appréciées sur la cousine française. Mais ici, avec un poids contenu autour de 1.2 tonnes, Opel ayant beaucoup travaillé sur le poids,  la mécanique semble respirer davantage. Avec ce chassis collé au bitume, on en vient à regretter l’absence de version plus puissante pour le moment. La boîte est un régal, douce, bien calibrée et intelligente. On aimerait, en conduite sportive qu’elle garde le rapport plus longtemps à l’approche de la zone rouge. On en demande surement un peu trop, ses lois de changements de rapports étant évidemment tributaires des CO2. 

La Corsa entre dans la modernité 

Le régulateur de vitesse est adaptatif, et la Corsa garde le cap grâce à l’assistant de maintien dans la voie. Le freinage d’urgence freinera à votre en cas de danger.  Côté connectivité, vous pourrez profiter de votre smartphone sur l’écran central en le connectant sur Apple CarPlay ou Android Auto, pendant qu’il recharge par induction.  Côté habitabilité on est dans la bonne moyenne. Le coffre quand à lui avec ses 300 litres est à la hauteur. Il se montre suffisamment grand pour caser le mètre quatre-vingt dix d’Etienne le photographe, pendant les travelings. 

La bonne affaire 

Le bilan est positif avec une Corsa se montrant rassurante, bien née, habitable et accueillante. Son plus gros ennemi sera peut-être son design sage sur un segment qu’il faudra reconquérir et une image de marque à refaire. Avec une entrée de gamme à seulement 14 600 € en essence elle se montre nettement plus accessible qu’une 208 avec qui la comparaison est inévitable. Notre modèle d’essai, un 130 ch en finition GS Line se maintient à 21 200 €.

Un tarif qui cadre avec la nouvelle image que souhaite véhiculer Opel. A savoir une marque plus que jamais allemande, mais accessible, proche du consommateur, mais sans l’arrogance légendaire des autres constructeurs allemands. La dernière fois que j’avais essayé une Corsa, c’était il y a quelques années. Je n’avais trouvé aucune qualité à cette chignole, à part son prix. J’avais même titré “la vieillesse est un naufrage”. La nouvelle Corsa fait non seulement facilement oublier sa devancière, mais fait figure de vraie référence sur ce marché, au même titre que les 208 ou Clio. 

Fiche Technique : Opel Corsa 1.2 Turbo 130 ch, GS LINE 

Moteur : 3 cylindres en ligne
Alimentation : Turbo. Injection directe essence. 
Transmission : 2RM, boîte automatique 8 rapports 
Cylindrée : 1199 cm3
Puissance : 130 ch 
Couple : 230 Nm
0 à 100 km/h : 8.7 s
Vitesse maxi : 208 km/h 
Dimensions : Longueur : 4,06 m, Largeur : 1,77 m, Hauteur : 1,43 m, Coffre : 300 l
Poids : 1200 kgs
Consommation : Urbaine : 5.4 L/100 km, Extra-urbaine : 4 L/100 km, Mixte : 4.5 L/100 km
Émission de CO2 (g/km) : 103 g/km 

Nicolas Laperruque 
 

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