25 mai 2020

Histoire du Drive-In, le cinéma en voiture

L’idée du cinéma en plein air qu'on regarde de sa voiture,  a refait son apparition dans plusieurs endroits pendant le confinement. Mais connaissez vous la véritable histoire du drive-in? 

Richard Hollingshead était un garçon ingénieux. Il aimait aussi sa mère. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il a inventé le “Drive-in”, qui deviendra le symbole d’une amérique bénie au temps de sa splendeur. 

Maman Forever

Assez grande, la mère de Hollingshead se plaignait régulièrement des sièges étroits et inconfortables de son cinéma de quartier. Un jour son fils s’est donc mis en tête de rendre l’expérience du cinéma plus confortable. L’idée est simple, mais il fallait y penser : au lieu de s’enfermer dans des salles obscures, où l’espace est compté et les sièges collés les un aux autres, il va profiter du grand air. 
Nous sommes à la fin des années 20 et le premier Drive-In est né. Richard Hollingshead achète un projecteur de film Kodak modèle 1928, et dresse dans le jardin, cloués entre deux arbres de la propriété familiale, de grands draps blancs. Pour parfaire ce premier cinéma en plein air, situé derrière sa maison à Camden, NJ, USA, il va ajouter des rampes, et lever l’écran le plus haut possible pour que plus de voitures puissent profiter du spectacle. 

Dépôt de brevet 

Content de son coup, et satisfait du petit effet de son invention sur les voisins du lotissement, Hollingshead dépose une demande de brevet en 1932. Le brevet sera officiellement validé le 16 mai 1933. Entre deux l’ambitieux inventeur a recruté trois investisseurs, et fondé une société appelée Park-It Theatres, Inc. Le 6 juin 1933, le cinéma en plein air débarque ! Il dispose de 1.6 km2 de surface sur le boulevard de l’Amiral Wilson à Pennsauken. L’argument de vente est simple “Venez au cinéma sans vous soucier du bruit des enfants”. 

L’installation comprend un écran de 3 m sur 5 et trois haut-parleurs de 1,5 m de haut. L’entrée coûte 0,25 $ par automobile plus un autre quart de Dollar par personne à l'intérieur,  avec un montant maximum de 1$ par voiture. 

Un succés fulgurant qui fait des jaloux  

Ce premier Drive-In sera revendu en 1935 pour financer l’ouverture d’un second établissement. L’idée commence à faire son chemin et le bouche à oreille fonctionne. Le concept est commercialisé sous licence à une autre société Loews Drive-In Theatres. 
Le 15 avril 1934, l'ouverture de l'auto-park de Shankweiler à Orefield, Pennsylvanie, est suivie de l'ouverture du Drive-in Short Reel Theater de Galveston le 5 juillet 1934, puis celle du Pico à Los Angeles le 9 septembre 1934, et celle du Weymouth Drive-In Theatre à Weymouth, Massachusetts le 6 mai 1936. En 1937, trois drive-in supplémentaires ouvrent dans l'Ohio, le Massachusetts et à Rhode Island, puis une douzaine d'autres entre 1938 et 1939 en Californie, Floride, Maine, Maryland, Massachusetts, Michigan, New York, Texas et Virginie. Les affaires marchent bien mais le succès rencontré dans les années 40 par les premiers Drive-In vont faire des jaloux. 
En 1950, l’amérique se découvre une passion pour le cinéma, les stars d’Hollywood et le Drive-In. Le monde a changé, les jeunes sortent, passent chercher des glaces et des bières et filent avec leur voiture au cinéma. Alors que le concept de Drive-In explose littéralement, le brevet de Hollingshead est jugé invalide par le tribunal du Delaware. 

Cela ne marche que la nuit 

Le pic de popularité du drive-in se situe  dans les années 1950 et 60, particulièrement dans les zones rurales, avec quelque 4 000 drive-in à travers les États-Unis. Les affaires marchent mais les revenus des drive-in restent moins élevés que ceux des salles traditionnelles. Assez logique, si on considère que la première condition pour que la projection puisse avoir lieu était qu’il devait faire nuit. Certaines tentatives de recréer des conditions acceptables en plein jour se soldent toutes par de cuisants échecs. 

Mauvaise réputation 

Un des avantages du Drive-In est également la plus grande intimité offerte aux spectateurs, “protégés” par la carrosserie de leur auto des regards extérieurs. Une caractéristique qui va donner une mauvaise réputation à ces endroits. On juge alors les clients des Drive-In comme immoraux. Le cinéma en plein air se voit renommé “Passion pits”, c’est à dire de “lieu de luxure”, par les médias conservateurs des années 60. D’ailleurs la programmation s’en ressent, certains Drive-In commençant par retirer leurs programmes familiaux pour les remplacer par des films d’exploitation. Les années 70 achèveront la réputation du concept avec de plus en plus de programmateurs succombant à la projection de films pornographiques, aussi appelés “fimdeboules”. Les films familiaux sont projetés aux heures de pointe et les fimdeboules “bouchent les trous”aux heures creuses, malin l’ricain !

Un concept perfectionné 

Pour sauver le Drive-In, tout sera imaginé. Certains de ces endroits étaient même équipés de chauffages au propane, espérant ainsi attirer leurs clients pendant les mois les plus froids. Le système de chauffage passait dans des tubes souterrains pour chauffer l’emplacement du client. 
Les systèmes audio évoluent aussi au fil des années. Au début les haut-parleurs étaient placés au niveau de l’écran. Résultat le son était bien trop fort pour les premiers rangs, et inaudible pour les rangs suivants. C’est la RCA qui trouvera la solution en 1941, en inventant le petit haut-parleur individuel à disposition de chaque véhicule, avec réglage individuel du volume. 
Plus tard, et pour faire bénéficier les spectateurs de la stéréo, on diffusera le son du film sur une bande radio AM ou FM, restitué par les enceintes de la bagnole. Certains Drive-In faisaient venir des groupes pour assurer des concerts pour prolonger les soirées, d’autres iront même jusqu’à organiser des offices religieux le dimanche matin. Mais rien n’y fait, la mode est passée. 

Un mode de vie

Aujourd’hui le concept est repris par tout le monde. Après les fast-food, les pharmacies, les supermarchés, et tous les établissements de commerce, on a la chance de vivre cette époque formidable où on peut se faire dépister du Covid-19, le cul posé dans sa bagnole. Personnellement, à choisir j’aurais certainement préféré  les années 50...

Nicolas Laperruque 

 

Retour

Ces histoires sont pour vous :


16 juin 2021 On en parle

La Porsche 911 GT3 Touring arrive et ce sera sans aileron arrière

La GT3 Touring utilise le même six cylindres à plat de 4,0 litres atmosphérique et coûte également le même prix que la GT3 classique (à partir de 173 562 €).  

> LIRE


02 mai 2021 Histoires d'achats

20 000 kilomètres de bonheur en BMW 1800

Xavier nous raconte ses débuts avec son frère dans la monde de l’ancienne. Un début en fanfare avec l'achat d'une BMW 1800 pour en faire une auto de rallye

> LIRE


17 juin 2021 Histoires d'achats

Le jour où j'ai acheté une Porsche 924 avec une "petite remise en route" à faire

Ce que je pense des 924 ? Evidemment que c’est une bonne auto ! Elle en a fait couler de l’encre cette Porsche, il y a les « pour » et les « contre », ceux qui l’aiment et ceux q

> LIRE


09 avril 2021 Histoires d'auto

5000 kms à 300 km/h, voilà comment Porsche teste sa 911 GT3 

Lancer un nouveau modèle sur le marché implique certaines précautions. Au premier rang desquelles, s’assurer de la fiabilité de l’engin. Quand on voit certains bilans fiabilit&eacu

> LIRE


16 février 2021 Histoires de courses

PORSCHE 911 GT3 2121, La 7e version de la GT3

Premières informations sur la nouvelle 911 GT3, Toujours mieux, pour toujours un peu plus cher. It is Porsche Sir !!!   {po

> LIRE


Newsletter
Je m’inscris
à la newsletter