06 avril 2020

Pangolin, c'est aussi une voiture !

Avant de devenir “ce salaud de Pangolin”, sans qu’on sache vraiment si la saloperie de virus vient bien de là, le Pangolin était un animal sans histoires, mais aussi...une voiture ! Retour sur l’histoire pas banale de la Pangolin, une bagnole unique. 

“Samodelka”: mode consistant à fabriquer sa propre voiture 

Dans l’URSS des années 80 il faut s’occuper. Chez les passionnés de voiture d’Union Soviétique, le choix est limité aux constructeurs nationaux, c’est à dire très limité. Pour posséder une voiture de sport ou quelque chose d’original, il n’y a pas 50 solutions : vous deviez la fabriquer vous même. C’est ainsi que le phénomène de “Samodelka” est né. L’idée, qui a commencé devenir un véritable sport national, consistait à fabriquer sa propre bagnole avec des pièces de voitures russes de grande série. 

La réponse à la Lamborghini Countach, tremble Ferruccio ! 

Une des Samodelka les plus célèbres est cette Pangolin. Une “Pangolina” en langue Russe. 
Une voiture unique, faite maison, qui semble être une réponse locale à la Lamborghini Countach.

L’idée de cette voiture est née dans la tête d’Alexander Kulygin, ingénieur de formation. Après avoir construit un véhicule tout terrain à six roues en 1979, il se retrouve fort peu occupé et décide de créer la voiture de sport ultime, tel qu’il l’imagine. Il mettra un an à assembler sa voiture qui est terminée en 1980. Entre deux il lui a fallu créer des plans, construire des moules, tout ça avec l’aide d’une bande d’étudiants pleine de bonne volonté mais sans aucune expérience. Au bout d’un an de travail les éléments de carrosserie sont collés. La voiture est prête. Les moules seront détruits dans la foulée, condamnant notre Pangolin à rester unique. Oh ! quel dommage !

C’est fait maison Monsieur 

Bon on rigole, mais la bestiole ne manque pas d’atouts. Avec son capot avant s’ouvrant sur l’habitacle, sa ligne digne de Bertone et son périscope, la Pangolin marque les esprits. La carrosserie en fibre de verre permet de contenir le poids alors que les jantes en alliage sont également faites maison. La voiture dispose même de pneus taille basse, quasiment impossible à obtenir à l’époque Soviétique. 

Coeur de Lada 

Les pièces mécaniques proviennent évidemment de chez Avtovaz, fabricant des Lada. Pour des raisons pratiques évidentes, la disposition du moteur reste classique à l’avant du véhicule. C’est un moteur de Zhiguli de 62 ch qui est utilisé. Mais avec une carrosserie aérodynamique et un poids réduit, la Pangolin est capable d’atteindre les 180 km/h. Certains accessoires proviennent d’autres productions de l’est, comme les essuie-glaces provenant du bus Ikarus. 


Star de Russie 

Ce qui aurait pu rester un délire sans lendemain va se transformer en drôle d’aventure pour notre concepteur. La voiture est acheminée à Moscou par train, les routes Soviétiques n’étant pas adaptées à la voiture. La caisse fait maison et son concepteur passent à la télévision, font la une des journaux et des magazines. L’URSS est sous le charme! Au début des années 80, l'ingénieur promène son Pangolin partout où on le demande. Il participe à quelques rallyes dans toute l’Union Soviétique, et à un paquet d’expositions.

Au fil du temps, la supercar perd de son éclat. Pour pouvoir l’immatriculer, circuler à son volant et voyager à l’étranger, Kulygin installe des roues standard, monte des rétroviseurs et installe des phares. Dans les années 90, la Pangolin a un accident. La carrosserie doit être entièrement refaite. La voiture changera plusieurs fois de couleur, avant de se retrouver peinte en Rouge Ferrari et de disparaître dans la nature; Elle refait surface quelques années plus tard au musée Autoreview avant que celui ci ne ferme ses portes sans que personne ne se pose la question d’où était cette voiture. Triste fin. 

Un destin incroyable 

Si la Pangolin a plutôt mal fini, elle a changé la vie de son concepteur Alexander Kulygin. Pour commencer le constructeur Moscovite AZLK Moskvitch recrute notre ingénieur. Il travaillera sur plusieurs prototypes. Mais Kulygin voit plus loin, plus grand, et émigre aux États-Unis. Une fois chez l’Oncle Sam il crée une petite entreprise de fabrication de Kitcars. Les affaires sont bonnes jusqu’au jour en 2004, où Kulygin meurt dans un accident, écrasé par une voiture. 

 

Nicolas Laperruque 

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