18 mai 2020

Nous avons essayé le premier Jeep Gladiator en France. (Essai + Vidéo)

Quand American Car City nous a demandé si on serait intéressé pour essayer un Jeep Gladiator, nous n'avons pas hésité longtemps. Parce qu'il est rare par chez nous, car officiellement non importé par la marque, parce qu'on adore les Jeep et parce qu'on était les premiers à l'essayer avant le confinement. Essai d'un Wrangler pas comme les autres. 

Retrouvez la version audio ( Podcast de cet article à la fin de cette page )

Un peu d’histoire 

Après la seconde guerre mondiale, l'icône Jeep doit délaisser ses habits de libératrice pour s’adapter à la vie civile. Les Willys sont récupérées par les travailleurs en tous genre, et tous ceux qui ont besoin d’un 4X4. Chez Jeep on comprend qu’il y a un marché et on élargit la gamme en introduisant entre autres un premier 4X4 familial, le Wagoneer. C’est sur ce même châssis qu’est réalisé un pickup dénommé Gladiator dès 1962. Il sera décliné en deux versions, le J200 avec son empattement de 120 pouces et le J300 qui dispose lui d’un empattement de 126 pouces. Ces pickups sont ensuite remplacés par les J2000 et J3000, proposés en deux ou quatre roues motrices. Ce qui fait la force de ces premiers Jeep Pickups c’est l’adoption d’une suspension indépendante à l’avant. Une solution novatrice sur un pickup à une époque où les concurrents optent généralement pour un pont rigide.  
Ces pickups vont se tailler un joli succès outre-atlantique et seront déclinés sous toutes les formes (chassis-cabine, dépanneuse, benne haute voire camping-car avec rallonge de châssis). Ce sera également le premier 4x4 à proposer des options comme la boîte automatique, les freins, ou encore luxe suprême, direction assistée. Les moteurs proviennent à la fois de chez AMC et de chez Buick, selon les années. La production de ce pickup prendra fin en 1988. Aujourd’hui le Gladiator vient combler ce manque. Mais si le nom Gladiator fait bien référence à un ancien pickup Jeep, la logique aurait voulu qu'on l'appelle plutôt "Scrambler", en référence à une ancienne déclinaison pickup du Wrangler (produite de 1981 à 1985). C'est d'ailleurs ce nom qui avait utilisé lors de l'annonce de la présentation du futur Gladiator en 2017.

Un Wrangler pas comme les autres 

Un Jeep Wrangler Pickup? Oui Monsieur ! Non seulement ça existe mais c’est bien plus que ça. Dès qu’on le voit en vrai, on comprend que ce Rubicon n’est pas qu’un Wrangler à benne. Le gabarit impressionne, avec ses 5,50 m de long! Il faut comprendre que l’empattement est lui même très allongé, le châssis est renforcé, et cet engin grandit également en largeur, pour disposer d’une vraie benne capable d’embarquer une palette. 

Importé à titre isolé 

Mais nous on s’en fout, nous sommes partis direction les grands espaces, dans la campagne du Coudray-Montceaux, dans le 91. C’est pas encore l'amérique mais on en est pas loin, quand je vois ces dizaines de beautés US garées devant le show-room d’American Car City. Ce Gladiator est donc la déclinaison “à benne” du célèbre Wrangler. Ne cherchez pas sur le catalogue officiel Jeep, il n’est pas importé. Dans notre pays qui fait tout pour flinguer l’industrie automobile, ce n’est pas très surprenant. Pourtant j’ai très envie d’aller faire ronfler le 6 cylindres sous les fenêtres de l'Hôtel de Ville de la capitale, pour faire coucou à Anne. Parce que oui, notre Jeep dispose d’un V6, celui qu’on retrouve sur les Chrysler outre-atlantique. Là aussi c’est une spécificité de cette version importée par ACC, toutes les Jeep en Europe disposant de Diesels ou de 4 cylindres. Rien que pour ça ça valait le coup de l’essayer cette version importée à “titre isolé”. On y revient plus loin, mais vous allez voir que ce détail a son importance. 

Show must go on ! 

Quand on grimpe dans le Gladiator, on se sent tout de suite un peu cowboy. Il se passe un truc, il y a une ambiance. C’est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup. Combien de voitures neuves aujourd’hui sont capables de vous faire de l’effet? Elles sont rares et le Jeep en fait partie. La présentation est inimitable. Notre exemplaire, full options est particulièrement garni. La planche de bord arbore un effet satiné rouge très réussi et les chromes s’offrent à nous sans compter. On va pas faire le tour des équipements, mais sachez qu’il y a tout ce qu’un acheteur est en droit d’attendre. Fini les Jeep rustiques, le débarquement c’est fini. Le constructeur américain nous gratifie même d’un grand écran disposant d’une interface moderne, intuitive et pratique. Tout ce petit monde est évidemment compatible Apple Carplay, Android et tout le merdier. 

Là où ils sont bons c’est qu’ils n’oublient pas ce que doit être une Jeep. Les plus jeunes se demanderont à quoi ça sert, mais notre véhicule dispose de deux leviers de vitesse. Un second levier à l’ancienne qui sert à enclencher les 4 roues motrices, longues ou courtes, avec bien plus de classe qu’une vulgaire molette en plastique. Bonheur suprême, cette voiture est équipée d’un vrai frein à main. Je suis presque ému rien que d’en parler. Bon, arrêtons de contempler cette merveille d’ingénierie US et allons faire un tour. 

Un bon gros V6 Pentastar 

La première chose à apprivoiser dans le Gladiator, c’est l'encombrement. C’est long, très long, c’est large, et les ailes proéminentes, la largeur et la hauteur imposent de passer par une petite phase de “je me met le gabarit” en tête. Surtout en ville, ou dans les manoeuvres dans le parking. Si vous avez un box ou une place de stationnement en sous-sol, je vous conseille de bien calculer votre coup. Dans la ligne droite qui nous emmène vers notre décor digne d’un vieux polar, le V6 exerce une poussée soutenue, sans nous mettre de coup de pied au cul. Il faut dire que l’engin pèse 2,3 tonnes. Le bloc ronronne gentiment. Ce V6 de 285 ch émet un petit bruit sympa. C’est rauque sans tomber dans la symphonie non plus. Mais ne faisons pas la fine bouche, c’est toujours mieux qu’un mazout. Le plus intéressant sur un Jeep c’est le couple, utile en tout-terrain ou en remorquage. Et ce Pentastar fait le job. 

Confortable ce Jeep? 

Pour la première fois avec cette génération on peut envisager sérieusement de longs trajets au volant de ce Jeep. Fini les 4X4 tape cul, ici l’équipement complet, les sièges bien conçus et le volume sonore maîtrisé seront l’ami du voyageur. Au volant, on apprécie la boîte auto 8 rapports qui fait le boulot. Seul le flou dans la direction nécessite de maintenir son attention, d’autant que l’engin est très sensible au vent latéral. 

Le plus grand cabriolet du marché 

Avec son pare-brise vertical et plat, l’impression une fois assis est inimitable. Ce qui est original c’est que l’on peut enlever le toit, rabattre le pare-brise et même rouler sans les portes ! Même si cette possibilité est interdite par le code de la route français. On obtient donc le seul et aussi le plus gros cabriolet du marché. Une expérience de conduite incomparable qui fera de vous le roi de la plage en vacances. 
C’est tout le charme du Gladiator, il ne ressemble à rien d’autre sur le marché. Mais ce n’est pas tout. 

Un franchisseur hors du commun

Autre caractéristique qui fait de ce Jeep une vraie Jeep, ses capacités en hors piste. Avec sa garde au sol élevée et ses angles d'attaque hors normes, ce Gladiator est une machine de guerre. Evidemment la boîte courte pourra vous sortir d’un endroit compliqué. Le Gladiator dispose de ponts avant et arrière renforcés Dana 44 (avec blocage de différentiel). La barre antiroulis avant est également déconnectable électriquement. Mais le clou du spectacle viendra de ses amortisseurs aluminium FOX qui excellent en tout-terrain. Pour les avoir testés sur d’autres véhicules dans des conditions extrêmes, je peux vous assurer qu’il n’y aura pas de plainte de ce côté là. Cerise sur le capot, les multiples crochets de remorquage renforcés et sa caméra avant vous permettront de voir que vous êtes dans la boue, et surtout d’en sortir. 

Un vrai utilitaire de luxe 

Mais n’oublions pas que ce 4X4 est avant tout un pickup avec sa fonction utilitaire qui va avec. De nombreux détails esthétiques (attaches-capot, charnières apparentes, boucliers proéminents) accentuent le sentiment de robustesse. Dans le cahier des charges, la possibilité de laver l’intérieur au jet est là pour le prouver. 
Pensé dès le départ comme un dur à cuir, le pickup Jeep allie design et praticité en intégrant de multiples protections (plaques de soubassement, marche-pieds, boucliers avancés...) positionnés aux endroits les plus sensibles aux chocs. Les possesseurs de bateau ou tout simplement de caravane ou autres remorques, seront ravis d’apprendre que ce Jeep peut tracter sans difficultés 3469 kilos. La charge utile s'élève elle à 726 kg. La benne fait 206 cm de long, sur 113 cm de largeur. Que ce soit pour amener du sable ou un quad, cette benne  va surtout permettre de bénéficier de conditions fiscales avantageuses. 

Paradis fiscal ! 

Contrairement aux pickups concurrents distribués en France, ce Jeep Gladiator n’est pas soumis au malus écologique. Zéro, quedal, nada, peanuts, rien ! Vous vous demandez comment c’est possible? Tout simplement car il est homologué et importé à titre isolé par un importateur indépendant. N’étant pas au catalogue officiel Jeep en France, il échappe à ce petit détail qu’on appelle malus et qui ici représente tout de même 20 000€ !!! 


Ce Jeep est également exonéré de TVS et la TVA est récupérable. Sachez enfin que ce Jeep est très facilement convertible au bioéthanol. De quoi encaisser plus facilement une conso annoncé autour de 13 litres et qui doit tourner en conditions réelles autour de 15 litres au cent. 
Reste le tarif, pas cadeau évidemment dans cette version Rubicon full options, affichée à 88 900 € chez American Car City. Un tarif à comparer à un Jeep Wrangler normal, doté d’un 4 cylindres et qui en Rubicon chez votre concessionnaire Jeep officiel dépassera les 70 000€ avec le malus avec un gabarit et des prestations peu comparables. Mais finalement, le plus gros concurrent de ce Gladiator est certainement le RAM 1500 dans son millésime 2020, et ça c’est bientôt sur Road-Story. 

 

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La video de notre essai : 

Nicolas Laperruque 

Merci à Jordan et Jack Walker Stouvenin 

Photos : Raphaël Crabos, Vidéo : Jack Stouvenin 

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