28 novembre 2019

Seat Arona Road Trip Israel 

Partir à la découverte d’un pays plein de mystères au volant d'un Seat Arona, telle était notre mission. Une façon originale et très Road-Story d’essayer ce fer de lance de la marque espagnole. Ville, autoroute, montagne et surtout déserts étaient au programme. On vous emmène traverser deux fois le pays en 3 jours, à des vitesses parfois inavouables. Le meilleur moyen de savoir ce que ce véhicule à dans le ventre, c’est de le pousser dans ses derniers retranchements, si il résiste au désert avec Niko au volant, il devrait résister aux trajets école-domicile-supermarché-bureau. 

Aéroport de Tel-Aviv Jour 1 

Le plus compliqué en Israël, c’est de passer la douane. “Pourquoi venez vous en Israël ?” “Vous êtes en groupe ?”, “c’est votre première visite dans notre pays, pourquoi vous ne restez que trois jours?”, “Vous avez un coupe ongles dans votre valise ?”.Nous ne sommes pas vraiment touristes, nous n’avons pas vraiment le droit de venir travailler ici non plus, nous sommes donc ici pour “test drive and faire des photos”. Mon anglais approximatif suffit à décourager le zélé fonctionnaire de poursuivre cette belle conversation. Le terminal est un des plus beaux qu’il m'ait été donné de voir dans tous mes voyages. Mais nous ne sommes pas venus là pour faire les magasins, le rdv se situe sur le parking situé sur le toit d’un des bâtiments entourant l’aéroport. La vue sur la ville est déjà dépaysante, palmiers, atmosphère, couleur du ciel, tout invite à la découverte.  Avec Yves, mon copilote nous sommes impatients de partir à la conquête de cette ville. Au menu pour cette première petite étape, traversée et visite de Tel-Aviv et arrivée à l'hôtel à Jaffa pour le dîner. Nous mettons nos 2 valises et un sac de voyage dans le coffre. Il reste encore de la place, si le coffre n’est pas aussi grand que celui du C3 Aircross, avec ses 400 litres il fait le boulot. 

Je prends le volant pour sortir de l’aéroport et nous nous retrouvons au coeur du sujet : la circulation en ville en Israël. On va se mettre d’accords tout de suite. De tous les pays que j’ai eu le plaisir de visiter, et ils sont nombreux, jamais je n’ai vu un peuple conduire aussi mal et de façon aussi peu rationnelle, nous y reviendrons. Nous nous dirigeons vers le quartier le plus moderne du district de Tel-Aviv, le quartier d’affaires. On lève les yeux au ciel et pour peu on se croirait à la Défense ou à New-York, avec ces gratte-ciels, à l’image des 3 tours Azrieli. Un building carré, un rond et un triangulaire, qui résument assez bien l’éclectisme de cette ville, entre traditions, quartiers huppés, rues festives ou gentrification. Ici, vous croiserez des jeunes femmes bien dans leur époque à la terrasse d’un café, et en tournant la tête des religieux en habit traditionnel avec une barbe longue comme l’histoire. Tout ce petit monde semblant vivre en harmonie. Sur l’autoroute Ayalon qui traverse la ville du nord au sud, c’est l’heure de pointe. L’occasion de tester ce Seat Arona dans la jungle urbaine, lieu auquel il est destiné. Tout d’abord, il convient de faire les présentations de notre monture. J’ai jeté mon dévolu sur la version 115 Xcellence en boîte DSG, essence évidemment.  Ayant déjà testé ce moteur sur l’Ibiza notamment je sais que sa bonne santé sera bien utile quand il s’agira de traverser le désert ou de grimper des côtes dans un pays pas si plat que ça. 

Jaffa by night 

En attendant cette DSG nous est bien utile dans les bouchons Israéliens. Avec notre plaque d’immatriculation française nous attirons l’attention des autres usagers de la route, entre yeux écarquillés et stupeur. Nous l'apprendrons plus tard mais ici il est normalement impossible d’importer un véhicule étranger même pour les vacances. La sono Beats nous accompagne et n’est dérangée que par les fréquents démarrages moteurs impliqués par le très peu discret système Stop and Start. Dans l’ensemble cette sono, pas mauvaise au demeurant, porte très bien son nom. A l’image des casques de la même marque, la sono Beats est très très largement surestimée. C’est cher pour ce que c’est et surtout vous trouverez toujours mieux ailleurs pour le même prix. Les fées du marketing feront le reste et parions que ça se vendra comme des petits pains. Avec ses 4,13 mètres l’Arona est agile en ville, on commence à se faufiler entre les files, sans mettre de clignotants pour respecter une tradition locale et en forçant le passage évidemment. Le principal outil du constructeur Israélien est le klaxon, celui du Seat fonctionnera à plein au cours de ce voyage, “TuuuUT TuuuUUT !!! 

Si vous allez à Tel-Aviv, allez faire un tour à Jaffa, dans la vieille ville. La visite nocturne du centre vous enfonce dans une succession de petites rues très vivantes où se succèdent petits restaurants ou grandes terrasses animés, de quoi goûter aux spécialités locales ou boire un verre mérité après une première journée de voyage. 

Je décide de partir en solo après le dîner et de longer l’ancien port offrant une vue imprenable sur le Tel-Aviv moderne et un contraste saisissant avec l’architecture remplie d’histoire de Jaffa. Au bout de quelques centaines de mètres, je passe sous une porte portant l’indication “Welcome in Old Jaffa”. L’escalier mène dans un endroit hors du temps, chaque pierre présente ici a surement des milliers de choses à vous raconter. Au cours de la visite je repère quelques raretés automobiles. Si ici, les coréens sont très présents avec Hyundai et Kia, et les japonais également, je croise un nombre important de Cadillac ! Je me dis qu’en dehors des USA c’est surement un des rares pays où cette marque rencontre un peu de succès. Quelques Ford F-150, des vans Chevrolet et on se croirait par moments à l’autre bout du monde. Je m’enfonce dans la nuit de Jaffa pour rejoindre l'hôtel Setai. Le quartier est vivant, les enceintes de la boutique voisine de l’hôtel crachent de la musique FM, les machines à glace sont encore allumées à cette heure tardive et l’endroit semble pouvoir dépanner n’importe qui avec n’importe quoi. Je ne peux m’empêcher de penser à ce bon vieux Hassan Cehef. 

Les murs de l’hôtel Setai aussi ont connu leur lot d’histoire. Situé face à la tour de l’horloge de Jaffa, ce tout nouvel établissement (nous étions les premiers clients) est situé en plein coeur de la ville, sur le lieu historique connu sous le nom de “Kishle”. A l’origine, ce lieu a été construit par l’Empire Ottoman pour servir de prison, sur le site d’une ancienne forteresse croisée. Devenu entre deux un commissariat, cet endroit “est devenu pour la première fois depuis le 13ème siècle, un endroit où il fait bon dormir” comme me le glisse, non sans malice, notre guide

Se perdre à Jérusalem, pour mieux se retrouver. Un Arona en terre sainte Jour 2 
La vue sur la vieille ville est incroyable. En suivant la route numéro 1 vous tombez dessus sans chercher. Le Mont des Oliviers est le passage obligé en entrant dans la ville. Situé à l’Est de la ville, c’est une colline mais c’est surtout un lieu très important pour les trois religions Abrahamiques. “J’écoutais le disc jockey, dans l’Arona qui me trainait sur la route d’Jérusalem, sur la route d’Jérusalem”. Monsieur Eddy n’est pas venu mais mon co-pilote fait le DJ pour cette étape qui s’annonce longue mais qui se révélera être surement le plus beau trajet en bagnole de ma vie. Venir en Israël sans passer par Jérusalem, c’est comme aller dans à Bordeaux sans boire un petit pinard ou au Mans sans goûter la rillette. Ce serait une erreur. Nous suivons donc la route numéro 1, qui relie donc Tel-Aviv à Jérusalem. La vigilance est de mise en zone urbaine mais les aides à la conduite de l’Arona se révèlent bien utiles. Le Front assist avec détection des piétons, le régulateur adaptatif bien utile quand un local se traine à 40 sur la voie de gauche de l’autoroute, ou encore le détecteur d’angle mort afin de vous prévenir quand un mec en Hyundai tente de vous doubler par la droite à 3 de front sur l’autoroute. Même si comme nous, vous n’êtes jamais venu à Jérusalem et que vous ne savez pas lire l’Hébreu, quand vous arrivez dans cette ville vous le savez. Le poids de l’histoire est palpable. Vous savez que vous entrez dans un endroit pas tout à fait comme les autres. 

Il s’agit du plus grand cimetière juif au monde, mais également le lieu de l’ascension cité par le Christianisme. Des mosquées sont également présentes sur ce lieu. N’étant pas franchement un spécialiste de la religion, je ne peux vous en dire plus mais je peux vous raconter une scène dont nous avons pu être témoins. Alors que nous passons sur la route surplombant le cimetière juif du Mont (le plus vieux cimetière juif, datant du IVème millénaire avant notre ère avec 70 000 tombes) notre attention est attirée par un son de prière. Nous garons notre Arona au milieu des véhicules de Police surveillant les lieux et descendons à pieds. La rumeur se fait de plus en plus présente et nous découvrons des dizaines de religieux priant face à ce cimetière. Ces dizaines de voix portent dans le ciel comme une musique. Qu’on soit religieux ou non, croyant ou pas, concerné de près ou de loin par la religion, impossible de rester insensible à certaines traditions. Le silence extérieur tranche avec l’echo religieux. Les chapeaux noirs font partie d’un décor millénaire, les poils se dressent sur nos bras, nous remontons en voiture sans un bruit. 

La suite de notre visite de Jerusalem n’entrera pas dans l’histoire avec un GPS un peu déboussolé et des rues visiblement pas vraiment répertoriées et sans noms, nous évoluons au hasard. S’il est une ville qui vous dépayse c’est bien celle ci. On nous avait annoncé une circulation impossible, c’est finalement assez fluide. Les marchands ambulants sont au milieu de la route, les piétons traversent comme ils le sentent et le spectacle est partout. Ici plus qu’ailleurs vous entendrez le concert des klaxons à chaque fois que vous ralentirez pour prendre une photo. Dans les rues défoncées de la ville et de sa périphérie, notre Arona, ferme mais plutôt confortable, s’en sort plutôt bien. Pas de bruits de mobilier, un son moteur pas trop envahissant en ville, et une consommation vraiment raisonnable qui la ferait passer pour un diesel. 

Mer morte, Arona bien vivant 

C’est pas le tout mais on a de la route et notre prochaine étape se situe à 200 kilomètres environ d’ici. Nous avons décidé de voir la mer morte et même de s’y baigner. La route entre Jérusalem et Neve Zohar est surement une des plus belles qu’on ait vues. Le désert est traversé par la route 90 qui descend tout le long de la mer morte pour rejoindre cette station balnéaire située au sud. Si en ville il est hors de question de se mettre hors la loi, une fois arrivés sur cette immense ligne droite de 200 kms totalement déserte, il serait totalement inconcevable de respecter une quelconque limitation de vitesse : “c’est limité à combien ici d’après toi Yves?” -”Je ne sais pas, je dirais 90 surement” Ok, on va plutôt partir sur une vitesse de 190, ça me paraît plus adapté. Si la police est garée au bord de la route on les verra de loin. A ce rythme et malgré la chaleur, l’Arona est assez surprenant, ça ne bouge pas malgré un revêtement largement déformé par endroits et le confort qu’on trouve un poil dur depuis le début s’avère correct sur longs trajets. Comme un matelas un peu ferme, il fait la différence à l’usage. 

Le moteur TSI 115 fait le job qui consiste à faire des pointes de temps en temps pour pas s’endormir et à doubler les rares camions ou voitures locales qu’on trouvera sur la voie de droite. De temps en temps il faut relancer et là le moulin se permet même d’adopter à pleine charge un petit côté rageur jusqu’à 6000 tours avec le bruit sympa qui va avec. Le trajet est absolument magnifique, le désert nous offre un éventail de couleurs chaudes et les différentes criques donnant sur la mer morte sont autant d’occasions de s’extasier. Par moment on trouve une plantation de palmiers. Autour il n’y a que des cailloux à perte de vue et ici on décide de planter des palmiers, des légumes, des oranges au prix d’un système d’irrigation surement sophistiqué. 

Notre solitude et notre vitesse de croisière sont interrompus par un check-point quelques dizaines de kilomètres avant l’arrivée sur les bords de la mer morte. A ce moment là on se dit qu’il ne faudrait pas qu’ils aient mis un radar et qu’ils nous attendent ici. Contre toute attente nous tombons sur une équipe de 4 femmes militaires, toutes plus belles les unes que les autres malgré leurs tenues militaires et leurs fusils mitrailleurs en bandoulière. “Salut les français!” Devant ma surprise de la voir parler notre langue sans aucun accent et avec un sourire à faire fondre n’importe quel coeur de pierre, la brune incendiaire nous invite à nous arrêter “pour parler”. J’ai rien contre les militaires, et encore moins contre Lara Croft mais l’idée de boire un café avec des hôtes équipées de mitrailleuses ne nous réjouissant guère, nous déclinons l’invitation. Adieu ma jolie !

A ce rythme soutenu et malgré les arrêts pipi, bouteille d’eau, et surtout photos nous arrivons avec une petite heure d’avance sur l’horaire du déjeuner. Ca tombe bien car nous avons prévu de nous baigner dans cette mer salée à 30 %. Ici nous sommes 400 mètres en dessous du niveau de la mer. L’endroit est hostile et rien ne survit. Rien ne pousse de toute façon et la vue est une désespérée étendue de cailloux. Nous sommes à l’endroit le plus bas du globe terrestre. 

 Avant de plonger bêtement la tête la première, il convient de se renseigner un peu. Tout d’abord, il faut à tout prix éviter de se mettre de l’eau sur le visage. De l’eau dans les yeux et vous serez bon pour une semaine d'hôpital minimum aux urgences de Tel-Aviv. Vu la distance vous aurez surement perdu l’usage de vos yeux avant d’arriver. Il est conseillé de ne pas rester trop longtemps et surtout de se rincer abondamment après chaque bain de mer. Avant même votre entrée dans l’eau, vous traversez une plage...de sel. Ici les cristaux blancs sont partout et vous portent. Dès votre entrée dans l’eau vous sentez un changement de la pesanteur. Vous flottez tout seul et pouvez quasiment marcher sur l’eau (ça vous rappelle quelqu’un ? ). Si vous vous mettez sur le dos, vous aurez une sensation incroyable de flotter sans aucun effort  mais aussi toutes les peines du monde à vous remettre debout sur vos guiboles. Tout cela est hautement relaxant et agréable mais nous avons encore de la route. 

Supplément de désert 

Pour rejoindre la destination de notre seconde étape, il faudra reprendre du désert. Après le désert de Judée, traversé ce matin, nous enchaînons avec le désert du Néguev, direction Mitzpe Ramon et son cratère gigantesque. Les conditions, sans être extrêmes à cette période de l’année (il fait moins de 30 degrés) n’ont rien de reposant pour la mécanique. Les interminables lignes droites ont laissé place à une route nettement plus fun et courbée. Les nombreux lacets font de cette route un morceau de bravoure.

L’occasion de tester les qualités dynamiques de notre Seat. Le petit SUV bondit d’un virage à l’autre, freinages appuyés, changements d’appuis, ré-accélérations à fond, rétrogradages, nous maintenons notre rythme soutenu. L’idée est d’arriver au cratère du Ramon avant la tombée de la nuit. Dans ces conditions, l’Arona est une merveille. Certes ce n’est pas et ce ne sera jamais une sportive, mais les qualités de comportement sont réelles. Je retrouve le plaisir que j’avais pris au volant de l’Ibiza. Le freinage est progressif et relativement efficace même à rythme soutenu. Électrique mais informative, la direction est agréable, tout en favorisant un bon touché de route. On est pas encore au niveau d’une Peugeot mais on progresse sur ce point dans le groupe VW. 

Sur ces pentes soutenues, le 115 s’en sort bien, on ne lui laisse pas trop le temps de respirer mais les accélérations sont franches comme je le disais plus haut. C’est un peu plus mou en reprise de 80 à 120. D’après la fiche technique, sur cet exercice bien précis il met le même temps que le petit 95 chevaux. Dans les faits cela reste correct mais il convient tout de même de bien évaluer la visibilité avant d’entreprendre de doubler un camion qui de toute évidence ne freinera pas pour vous laisser dépasser.

Après quelques centaines de kilomètres de désert  et alors que j’ai fini depuis bien longtemps ma réserve d’eau, nous arrivons enfin à Mitzpe Ramon. Une architecture sans charme, située au milieu de nul part et avec un taux de chômage galopant, en soit cette ville n’a strictement aucun intérêt. Pourtant l’intérêt était dans son nom qui signifie “point d’observation de Ramon”. En effet la ville se situe sur un plateau situé à 800 mètres d’altitude et offrant certainement un des plus beaux panoramas de la planète.

Un local m’avait prévenu le midi quand nous étions à la mer morte “quand vous arrivez à votre hôtel, continuez tout droit sous le petit pont, vous y verrez la plus belle vue de votre voyage.” Il avait raison, la vue est bluffante, capable de couper le souffle à deux bavards dans une voiture. Nous restons une demi-heure à observer  cette incroyable étendue. Le cratère de Ramon fait 40 kms de long, 10 kms de large et 500 mètres de profondeur. Il fait encore bien jour et vue d’en haut cette route 40 a l’air d’être un sacré terrain de jeu. Une succession de lacets idéale pour tester une fois encore les qualités dynamiques de notre monture. Après 500 bornes de désert, nous en voulons encore, l’occasion est trop belle pour rentrer maintenant. C’est parti pour quelques montées et autant de descentes. 

F16, centrale nucléaire et cailloux Jour 3 

Nous en profitons pour faire une pause dans le désert. Au moment de sortir de la voiture, nous sommes happés par un énorme grondement sourd venant des airs. Si le désert du Neguev est un lieu de tourisme, il n’en reste pas moins le terrain d'entraînement de l’armée de l’air Israélienne, avec de nombreuses bases militaires mais aussi des F16 qui balancent des leurres en guise de missiles. Spectacle impressionnant rappelant à qui l’aurait oublié que la paix est fragile dans cette région du monde. Un peu plus loin nous passerons à proximité d’une centrale nucléaire réputée pour abriter le programme nucléaire du pays. Des installations qui rendraient sûrement jaloux le petit Coréen Kim. Pour notre troisième jour de road-trip, l’équipe de Seat nous a prévu une boucle en off-road dans le désert du Neguev. Pour cela il faudrait qu’on décolle du petit déjeuner mais personne ne semble pressé de rejoindre le parking ce matin.

L'hôtel Beresheet est le meilleur endroit possible pour prendre un petit déj. Non seulement le buffet est incroyable mais c’est la meilleure vue de petit déj de toute notre vie. Difficile de décoller nos rétines du spectacle offert par l’immense baie vitrée de la salle de restaurant. Ca me fait toujours rigoler quand les constructeurs nous font essayer leurs SUV en hors piste. Premièrement 99% des personnes qui achètent ce type de véhicules ne mettront certainement jamais un pneu en dehors du bitume et deuxièmement ce n’est pas fait pour ça. Pour la première fois depuis notre départ nous partons donc en convoi organisé sur des pistes de cailloux et de poussière. Pas de difficulté particulière pour notre Arona.

La motricité est acceptable et notre engin évolue facilement et se joue des petits pièges du parcours. Une grosse bosse négociée sans élan me fait dire qu’on va peut-être enfin connaître un peu l’aventure en restant tanké ou mieux encore en crevant un pneu mais non, rien n’y fait cet Arona nous reste fidèle. A noter que depuis ce matin nous avons échangé notre DSG contre un Arona à boîte manuelle. Les qualités de la DSG font finalement regretter cette transmission. Non pas que la boîte manuelle soit moins bonne, elle est bien étagée, et n’accroche pas mais c’est juste moins confortable. Aujourd’hui les boîtes auto cumulent les avantages et une fois qu’on y goûte...

Arona vs C3 Aircross Duel dans le désert 

Finalement c’est nous qui nous montrerons infidèles en empruntant une Citroën C3 Aircross essence de 110 chevaux, concurrente directe de l’Arona. L’idée n’est pas de faire un comparatif exhaustif entre les deux SUV. Nous ne disposons que d’une heure avec la française et ce ne serait pas honnête d’établir une vraie hiérarchie après ce court essai. Nous partons donc sur la fameuse route 40 et ses mille virages avec la dernière voiture du double chevron. L’espace habitable est nettement au dessus de l’Arona, il y a plus de place surtout devant, et les sièges sont beaucoup plus enveloppants, confortables et jolis. Au moment de poser nos valises dans le coffre on se rend compte également du meilleur volume de coffre du C3.

Le Citroën soigne l’accueil et le confort. La position de conduite est moins évidente à trouver dans la française et la course du levier de vitesse semble longue comme un match de tennis. Dans les lacets qui descendent vers le désert  la C3 fait effectivement preuve de davantage de douceur et de confort. Mais cela se paye un peu en terme de comportement routier. Pas de panique, on reste sur du très bon niveau, ça tient la route et même très bien mais sur ce point la Citroën a trouvé plus fort qu’elle. La C3 Aircross est juste réglée plus souple, et se montre un poil moins rigoureuse en sortie de virages, elle élargit plus la trajectoire. 

En rejoignant les pistes, cette plus grande douceur et sa meilleure souplesse seront ils un avantage ? Sur les premières centaines de mètres effectivement on pourrait le croire. L’Aircross évolue tranquillement, en restant confortable. Mais au fur et à mesure que le rythme s'accélère apparaît un phénomène inconnu chez Seat : les bruits de mobilier. Ça tremble, ça vibre, ça couine. Certes on le savait avant de l’emmener dans le désert, cet Aircross est moins fini que le Seat. Les matériaux sont plus simples, la conception surement un peu moins poussée à l’intérieur. Mais on aurait pu croire que des contre portes moulés dans un seul bloc ou un tableau de bord un peu moins luxueux seraient plus adaptés à la vie au milieu des cailloux, il n’en sera rien.

Le C3 s’incline sur la partie off road avec un ensemble mieux construit et inspirant davantage confiance pour la Seat. L’Arona se démarque avec un détail qui n’en sera pas un, la garde au sol. La C3 Aircross est perchée à 17,5 cm du sol ce qui est pas mal mais l’Arona culmine à 19 bons centimètres du bitume. Pour info c’est la garde au sol d’un Suzuki Jimny par exemple. Dans les faits, effectivement ça tape moins dans les chemins et en franchissement de bosses. 

On va se parler franchement : ça fait la différence dans le off road mais qui l’utilisera en dehors du bitume ? A peu près personne…Le Seat enfonce le dernier clou dans la montée menant à l'hôtel. Une succession de virages digne d’un col des Alpes, avec des courbes à l’équerre et de nombreuses relances. Sur ce terrain le 115 est beaucoup plus en forme que le 110 Citroen qui s’essouffle plus facilement. En sortie de virage, les relances sont plus franches et l’espagnol monte plus facilement dans les tours. 

Israel, mystères et beautés Jour 4 

Alors que nous repartons en direction du nord et de l’aéroport de Tel-Aviv, nous devons traverser le pays dans le sens inverse. Si vous envisagez un tel périple, adoptez une seule règle : il faut ouvrir les yeux, en permanence et an-ti-ci-per. Le conseil peut paraître basique, mais il prend ici tout son sens. Comme je le disais plus haut après la traversée de Tel-Aviv, le conducteur Israélien est franchement spécial. Cette observation sera confirmée sur le chemin du retour. Alors qu’on atteint enfin l’autoroute, quittant ainsi les routes désertes à priori moins rassurantes, on plonge dans une jungle hostile. Vous roulez sur l’autoroute, le trafic est dense mais ça roule. Sur la voie de gauche, vous maintenez un bon 120 compteur et d’un coup vous tombez sur un mec en Mazda pourrie roulant à 40 sur ladite voie de gauche. Vous sautez sur les freins, et tout le monde en profite pour vous doubler et se rabattre devant vous

Je pourrais vous parler de ce mec qui pendant 80 kilomètres est resté au milieu des deux voies avec son Audi Q5 flambant neuf, d’un gars en Kia qui refusait de se laisser doubler et qui à chaque fois que je le dépassais se rabattait devant moi, ou des changements de file intempestifs, des mecs qui se garent sur le bord de l’autoroute pour boire un coup ou manger un truc, mais sachez pour résumer qu’ici le respect des règles élémentaires de conduite et du code de la route n’existent pas. Les voies ne sont qu’une indication, il n’est pas rare de voir 3 voitures de front sur l’autoroute. En ville vous vous faites klaxonner avant le passage du feu au vert pour vous rappeler de griller le rouge. Reste un pays très attachant, avec des paysages d’une beauté inouïe, des femmes magnifiques, un lieu d’histoire incomparable et totalement dépaysant. De quoi faire un road trip inoubliable. 

Bilan : un Arona sévèrement armé 

Et ce Seat Arona alors? La mission était ardue. La victoire n’en est que plus belle. Oui le Seat a rempli son objectif, traverser un pays, dans un environnement hostile fait le plus souvent de cailloux, de poussière et de cols à franchir, le tout à un rythme qu’on pourrait qualifier de soutenu. J’aurais aimé vous raconter une galère mécanique, une clim qui ne marche pas ou un filtre à air encrassé  mais désolé la réalité sent beaucoup moins l’aventure. La vérité c’est que le Seat est à l’aise sur tous les terrains. Un T-Roc, un Kona, un Captur s’en seraient sûrement bien sortis aussi mais peut-être pas au point de cocher toutes les cases. Une chose est certaine : cet Arona est bien construit et semble conçu pour durer comme le montre l’absence totale de vibrations dans le désert, il montre également une belle santé mécanique et surtout son rapport prix/équipement le pose comme un choix tout à fait raisonnable au moment de s’acheter un B-Suv destiné à affronter la jungle urbaine. La réponse est ici : oui il pourra déposer vos enfants à l’école avant d’aller au bureau. 

Nicolas Laperruque 

 

 

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