17 juin 2021

Le jour où j'ai acheté une Porsche 924 avec une "petite remise en route" à faire

Ce que je pense des 924 ? Evidemment que c’est une bonne auto ! Elle en a fait couler de l’encre cette Porsche, il y a les « pour » et les « contre », ceux qui l’aiment et ceux qui la détestent mais tentons de comprendre pourquoi. Je vais vous parler de ma propre expérience. J’en ai bavé, mais je l’aime quand même.

Il y a bien longtemps, la 924 fut une des mes premières autos de collection. Je l’avais achetée non roulante, histoire de me mettre « bien » d’entrée de jeu ! Faut reconnaitre que si les Porsche ont une réputation de fiabilité, faut pas déconner quand même ! Je dirais que ce sont des autos de sport qui sont fiables comme des voitures de tous les jours de leur époque, ce qui n’est déjà pas si mal 
Bref,  j'acquiers cette merveilleuse 924 BV4 rouge de 1977 au début des années 2000. L’auto n’est pas si vieille que ça à l’époque, puisqu’elle a « seulement » 23 ans, mais elle n’a pas tourné depuis quelques années et est donc vendue en panne, « en l’état » sans CT évidemment. Je la ramène chez moi en la tractant avec la XM de mon père (formidable auto au passage).


Remise en route 
La remise en route qui ne s’apparentait qu’à une simple pose de batterie plus vidange etc. se révèlera être une véritable galère, car il faut bien le reconnaitre, j’ai écopé de toutes les pannes possibles et imaginables que l’on peut avoir sur cette bagnole. A l’époque, j’ai quelque chose comme 22 ans, un peu d’expérience en bricolage, et même si j’ai déjà redémarré quelques brêlons, je me suis jamais lancé dans la grosse mécanique. Bien sûr, ma première voiture fut une AX Sport achétée non roulante elle aussi dans une casse, mais faut admettre que j’étais bien tombé et qu’après un réglage carbu fait par un pro, tout allait bien. Mais là non, tout s’annonce mal !


Revue technique anglaise 
A l’époque, Facebook n’est pas là, les groupes de discussion n’existent pas et il faut se diriger vers les sites internet aux designs et ergonomies douteux pour glaner les infos et réussir à avancer. Bien entendu, j’avais acheté la revue technique Haynes, mais celle-ci n’était disponible qu’en anglais, ce qui malgré mon intérêt pour cette langue, est quand même moins pratique il faut l’admettre. Au fil des recherches, rencontres et investigations, j‘ai dû en plus de la vidange de base, changer le relais de pompe à essence, le filtre à essence, le doseur d’injection, les bougies, fils, tête d’allumeur (qui touche immanquablement le capot), la pompe à essence, nettoyer le système d’injection et le réservoir, la distribution, la pompe à eau, changer les joints de carter, ainsi que les fameux joint en demi-lune dont l’un des 2 avait eu l’idée de se barrer dans l’embrayage, noyant littéralement ce dernier dans l’huile et m’obligeant à le changer lui aussi. J’ai du aussi changer les pneus (vous saurez pourquoi j’évite les pneus en bois en allant lire l’histoire de la BM 1800), l’échappement, les freins, les flexibles avant et le roulement de différentiel coté gauche qui avait un jeu hallucinant, faisant trembler le cardan se façon effrayante. J’ai eu bien évidemment des problèmes électriques, car rappelons le, les PORSCHE de l’époque n’ont rien à envier aux Alfa et Fiat contemporaines de ce côté-là. C’est ainsi qu’il a fallu gratter tous les contacts des phares, feux clignos etc, plus tard, un pote me refera aussi un bout de faisceau de démarreur, car la batterie avait tendance à se vider en une nuit. Le démarreur aussi finit par lâcher, et je ne vous parle pas du petit bout de plastique de la serrure de porte qui déconnait, provoquant la descente du loquet de verrouillage à la moindre fermeture de porte. Je me suis même fait avoir en laissant les clés sur le contact une fois. Imaginez la sensation de bagnole envoutée que vous éprouvez en voyant ce bout de rien du tout se baisser comme pour vous narguer…


Bref, quelle auto de marque à la réputation de fiabilité notoire pourrait de nos jours cumuler toutes ces tares ? Même une caisse de 23 ans !


Bon, j’ai fini par régler tous ces problèmes avec le temps, et il faut admettre que les qualités dynamiques de l’auto ont vite effacé ce palmarès de pannes. D’ailleurs, quelques années plus tard, mon frère Roland en rachètera une bleue BV5 de la même époque et il aura, lui aussi son lot de déconvenues. Pannes de batterie, problèmes d’allumage, d’injecteur, de starter à froid, à chaud, relais de phare qui se décolle, de nuit sur l’autoroute, c’est encore plus drôle. Je me revois en train de refaire une soudure à l’étain dans le relais, lui refaire un réglage de vis platinées la vieille d’un rallye, qu’il ne terminera pas de toutes façons, le silencieux intermédiaire ayant décidé de se couper en 2, bien que neuf ! Possédées je vous dis ces bagnoles.


La Porsche malaimée 


Suis-je maso ? Oui un peu c’est vrai, mais je vous jure que c’est une bonne auto. Longtemps décriée car la première d’une série de PMA (Porsche à moteur avant) qui a mis longtemps à trouver sa place, elle marqua une révolution dans la conception des PORSCHE. Aux antipodes de la 911 qui avait un moteur refroidi par air tout à l’arrière qui puise ses origine vous savez où faut il le rappeler ? Ce 4 cylindres refroidi par eau basé sur un bloc VW-Audi (qui rappelons le aussi n’a jamais été monté tel quel dans aucune autre auto du groupe, l’ensemble mobile et la culasse étant spécifiques à PORSCHE) a causé l’effet d’un tremblement de terre chez les puristes de la marque à qui l’on peut reprocher aujourd’hui leur mauvaise foi d’alors ! Elle est pourtant arrivée à temps, car ses excellents chiffres de vente ont permis à la marque de se sortir d’une situation délicate. Les Porschistes intégristes lui doivent bien ça aujourd’hui. Longtemps appelée « PORSCHE du pauvre » (ce à quoi j’avais répondu a un pote qui lui avait une 4CV que je préférais rouler dans la PORSCHE du pauvre que dans la RENAULT du pauvre), elle a sans doute souffert de la comparaison avec la Fuego sorti quelques temps après, et qui n’a pas pu cacher son inspiration stylistique. De nos jours, tout ça s’est un peu tassé et la cote d’amour (et financière aussi) commence à remonter. Cette voiture est bien née, elle est équilibrée, confortable, efficace et si les plus sportifs peuvent lui reprocher un manque de jus dans sa version 2l de 125ch, il leur reste la « S » voire la turbo ou bien les 944 plus puissantes.


Attachante et convaincante 
Pour avoir roulé des milliers de kms en 924, je peux vous assurer que c’est une auto attachante qui saura vous convaincre, mais je dois dire qu’il vaut mieux éviter la version bv4 qui est sans doute à la base de la réputation de manque de puissance de la voiture. Les rapports sont très mal étagés, le trou entre la 3 et la 4 est si béant qu’il interdit toute conduite sportive en montage tellement qu’on se retrouve soit en surrégime, soit en sous régime. En revanche même en version 125ch, la boite 5 offre un agrément tout autre et bien plus agréable.


Logo responsable 
Mal aimée parce que c’est une PORSCHE ? C’est ce que je pense. Elle a élargi la clientèle de la marque, moquée par les propriétaires de 911 de l’époque, elle a su en convaincre d’autres, et il y a fort à parier que si cette auto était sortie avec un logo VW ou Audi, elle serait aujourd’hui un mythe ou tout au moins respectée comme les sont aujourd’hui les Golf GTI, Audi Quattro coupé ou Scirocco.

Xavier Crouzet, de Classic-Mobil. La seule marque de vêtements et objets vintage qui vous propose des objets avec le dessin de votre voiture. 

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