09 mars 2021

Bruce Meyers, créateur du Buggy Meyers Manx, est décédé et sa vie est digne d'un roman

Bruce Meyers, l’inventeur du buggy, est décédé à l'âge de 94 ans. Devenu symbole du style de vie Californien, le Meyers Manx est né au fond d’un petit garage, avant de conquérir le monde. Mais derrière cette icône automobile de la pop culture, l’image de liberté et d’insouciance cache une histoire digne d’un roman. Celle d’un inventeur de génie, qui aurait dû devenir riche mais qui courra toute sa vie derrière le bonheur. Retour sur la vie d’un hippie pas comme les autres. 

 

Bruce Meyers, qui es-tu? 

Bruce Meyers, né à Los Angeles le 12 mars 1926. C’est le plus jeune d'une famille de cinq enfants. En son temps, son père a aidé Henry Ford à créer des concessions automobiles en Californie. L’enfance de Bruce Meyers se passe dans le cadre idyllique de Newport Beach, bien avant que l’endroit ne devienne hors de prix et surpeuplé. Ce qui intéresse le petit Bruce se trouve à quelques centaines de mètres de la maison familiale : la plage. Mais la guerre va arracher Bruce à ses rêveries. 

Héros de guerre 

A 18 ans, Bruce est enrôlé dans la marine. Nous sommes en 1944 et il se retrouve sur le porte-avions USS Bunker Hill, au large d’Okinawa. Un soir, une attaque kamikaze transforme le bâtiment en lance-flammes. Les membres d'équipage qui échappent aux flammes doivent sauter dans le Pacifique. Il n’y a pas assez de gilets de sauvetage pour tout le monde. Bruce tend le sien à un marin qui n’en a pas puis saute à l’eau. Pendant de longues heures, au milieu d’une marée noire de pétrole enflammée, il porte sur son dos un marin blessé. L’attaque fait 389 morts. Bruce le surfeur est désormais un héros de guerre. Il a fait son devoir, désormais il n’a qu’une obsession. Retourner en Californie pour retrouver sa planche de surf. 

California beach 

On retrouve Bruce plusieurs années plus tard alors qu’il est fraîchement diplômé de l’école d'art de San Francisco. Meyers vit dans un garage de Newport, au 509 34th St., en face de la mer. Plutôt habile de ses mains, il gagne 70 $ par semaine pour façonner des planches de surf, soit 10 $ par planche. Fort d’une belle expérience, Bruce commence à se faire un nom dans la “fibre de verre”. Jack Jensen, un fabricant de bateaux, lui confie la construction de voiliers. Le week-end, Bruce gagne 15$ par nuit en jouant de la musique tahitienne à la guitare dans les bars. Le soir, Bruce retrouve sa femme, Shirley qui travaille comme réceptionniste chez Road & Track, un des principaux magazines automobiles américains. 

Pionnier du surf et du bateau en fibre de verre 

Surf, voile, plage, guitare, cheveux blonds et chemises à carreaux, Bruce a tout du Californien. Mais il lui manque un truc. Régulièrement il navigue vers Tahiti sur une petite goélette à la recherche de nouvelles aventures. Mais après avoir été un pionnier du surf à l’époque où ce sport se pratiquait sur des planches en bois creuses, et après avoir été un des premiers à produire en série des bateaux en fibre de verre, Bruce se réveille un matin avec une idée en tête. 

Idée de génie 

Les finances du couple restent modestes et Shirley bosse certains soirs comme serveuse dans un bar du port. Ce qui va laisser un peu de temps libre à Bruce pour tenter de nouvelles expériences…Bruce commence à passer ses nuits dans le garage et imagine un véhicule, léger, fun et pas cher, qui serait idéal pour aller dans les dunes. Ses potes ont pour la plupart des Jeep Willys, mais Bruce est persuadé qu’il peut faire mieux et surtout plus “Californien”. Il commence à regarder ce qu’il pourrait bien utiliser comme châssis pour y visser sa carrosserie. Le projet de Bruce est simple, dessiner une carrosserie en fibre de verre sur un châssis pour en faire un engin le plus fun possible. 

Un châssis de Coccinelle 

Son choix se porte sur un châssis raccourci de Volkswagen Coccinelle. On a souvent lu que c’était juste une question de coût et de disponibilité. C’est évidemment un avantage, mais ces questions n’ont absolument pas guidé le choix de Bruce à l’époque, comme il le dira plus tard : “Mon obsession était le poids. J’ai pesé plusieurs châssis, et à chaque fois celui de la Coccinelle était, de loin, le plus léger. C’était assez surprenant, sachant que la Coccinelle avait été créée avant la guerre. Ferdinand Porsche avait tout compris. Son châssis était léger et costaud”. A l’époque, quelques bricoleurs passent leurs week-ends sur la plage de Pismo Beach et s’amusent à passer les dunes avec leur Coccinelle. Certains n’hésitent pas à couper les ailes de leur voiture, à y mettre des pneus larges et à virer quelques pièces de carrosserie pour la rendre encore plus légère. Bruce va leur montrer qu’on peut faire encore beaucoup mieux.  Armé d’une suspension de pick-up Chevrolet et d’une carrosserie peinte en rouge “Old Red”, le premier buggy Meyers Manx voit le jour en 1964. 

Un cahier des charges original 

Cet engin, qui sort du hangar exigu de  Newport Beach répond à un cahier des charges simple : “Il ne devait pas ressembler à une Jeep d’occasion, pouvait vous emmener où vous alliez, et être assez léger pour évoluer dans les dunes de Californie.” Les ailes étaient bien plus étudiées qu’il n’y paraît. Elles devaient être relevées pour faciliter le débattement des suspensions mais également avoir une partie plate sur laquelle on devait pouvoir poser une bière ! Leur forme devait également empêcher la boue et la poussière d’arriver sur le visage du conducteur. Mais surtout : “il fallait absolument qu’il soit beau. J’y ai mis toute la féminité que je pouvais pour que sa ligne soit désirable. Je voulais que cet engin soit un aspirateur à nanas” déclarera Bruce Meyers. La fabrication du premier exemplaire prend 18 mois. Bruce améliore sans cesse la forme, pour parvenir au résultat qu’on connaît. “Je n'avais absolument aucune idée de la rentabilité de mon invention.”

“Je pensais en faire 10 pour les copains”

A ce moment-là, Bruce est très loin de se douter de l’effet que va produire son buggy. “Lors de la première sortie sur route, tout le monde se retournait sur mon buggy. Au début quand j’ai vu mon premier exemplaire, je me suis dit que ce serait bien d’essayer d’en faire un second pour le vendre. Je me disais, que si tout roulait au mieux, que j’en vendrais une dizaine. Plusieurs copains m’en demandaient, je me suis lancé.” Rapidement, certaines personnes voient le potentiel de l’engin. EMPI, une boîte qui fabriquait des pièces pour les Volkswagen aux Etats-Unis, et développait ses propres dérivés de VW, fait une offre à Bruce Meyers. Meyers devra fabriquer les buggys en série et EMPI se chargera de les vendre. Mais Bruce refuse, malgré une promesse de gain motivante : “J’ai dit non, j’étais le mec le plus stupide du monde. Joe de EMPI était capable d’en livrer dix par jour. A ce moment-là, j’avais la tête dans le guidon. C’est jamais facile de deviner l’avenir quand vous avez les doigts occupés à construire des choses.” C’est finalement un autre événement qui va apporter la reconnaissance à Bruce Meyers. “Je me disais que si j’arrivais à en faire 20 ou 30 je gagnerai de l’argent avec ça”. Au bout d’un mois, Bruce a déjà reçu 12 commandes, au prix de 995$. Une somme non négligeable. Au milieu des années 50, un enseignant du secondaire gagnait 5000$ par an. Mais ce kit n'inclut ni moteur ni transmission, qui augmentent grandement le coût final. Sans compter les heures de main d'œuvre. Chaque kit nécessite un montage long et réservé aux professionnels ou très bons bricoleurs. 

La gloire 

Alors que Bruce occupe toujours son modeste garage sur la plage dans le bidonville de Newport, un journaliste va s’occuper de son cas. Une couverture du magazine Hot Rod en août 1966 fait exploser la popularité du Meyers Manx. Les commandes commencent à affluer. Un an plus tard le numéro d’avril 1967 de Car & Driver titre “Vous pouvez construire cette voiture amusante pour 635 $!". Cette fois c’est parti, les commandes affluent. Du jour au lendemain, Bruce vend 350 voitures. Dans le garage, les carrosseries de Manx s’empilent comme des gobelets en carton. Là, vous vous dites que ce bon vieux Bruce va enfin devenir riche? La réalité est plus complexe. 

Pas si rentable que ça 

Rapidement Meyers se retrouve confronté à une délicate équation. Le coût de production de chaque kit est en effet supérieur au prix auquel il peut le vendre. “A l’époque, une Chevy Impala 1964 ne coûtait que 2700 $, je ne pouvais pas vendre mon buggy aussi cher”. Bruce va donc devoir trouver une autre solution : réduire les coûts de production. Le Manx est alors repensé, tout en conservant son nom. Si en apparence il est identique, ce nouveau Manx est en fait, très différent de l’original. et adopte un inédit système de boulonnage au châssis. 

Production en série 

Désormais Meyers peut produire les onze pièces de son kit Manx en seulement 10 heures. Plus simple à construire, il sera aussi moins cher, et Bruce arrive à descendre le tarif à seulement 495 $. “La vérité c’est que je n’avais absolument aucune vision, je n’étais vraiment pas un businessman. Je me disais que j’aurai toujours une dizaine de commandes par mois et que ça me permettrait de manger”. La vérité c’est que Meyers a bien du mal à répondre à la demande. L’autre problème est aussi que des carrosseries de buggy, même si on peut les empiler, finissent par prendre beaucoup de place. Bruce finit par déménager dans un hangar plus grand. Ce qui ne résout pas tous les problèmes. Chaque carrosserie prend beaucoup de place dans un conteneur et les clients découvrent vite que les frais d’expédition des kits alourdissent dangereusement la facture. Meyers finit par recruter un réseau de concessionnaires. Pour la gestion, il se fait aider par sa femme, mais les délais s’allongent. 

L’accident 

Pour se détendre et sortir un peu de la gestion d’une entreprise en pleine croissance, Bruce continue de s’amuser. Pour faire la promotion de ses buggys il court dans des bajas et en remporte quelques unes comme le “Mexican 1000” en 1967. L’année suivante, alors qu’il court une de ces courses, son buggy rebondit sur une bosse, plonge dans la poussière, et finit par décoller sur un talus pour aller s'écraser plus loin. Le buggy est plié au niveau de ses pieds. Son pied gauche est quasiment arraché, et ses deux jambes ne sont plus qu’un amas d’os cassés. Un hélicoptère de la télévision ABC le ramasse, avant de le déposer à un point de contrôle. Le calvaire dure 22 heures avant son arrivée à l'hôpital de San Diego. Bruce mettra un an à se remettre physiquement. Une année qui allait retarder encore les livraisons de son Meyers Manx. Mais un autre problème, va venir contrarier l’entreprise Meyers Manx. 

La copie tue 

Malgré toutes ces péripéties, on estime que Meyers fabrique entre 5000 et 7000 buggys entre 1966 et 1970. Mais cette demande élevée va vite aiguiser l’appétit de businessmen. Bientôt, tous les magasins et petits artisans maîtrisant la fibre de verre vont se lancer dans ce lucratif business. En 1969, au moins 70 entreprises proposent des kits de buggys en Californie. En 1965, Meyers avait déposé le brevet du Manx. Quatre ans plus tard, il décide donc de poursuivre une société Lincoln Industries pour violation de droit d'auteur. Pendant des semaines, il se rend devant un tribunal fédéral de Sacramento. Le juge de 78 ans, qui, selon Meyers, n’avait jamais vu un buggy de sa vie, décide que le Manx appartenait au domaine public. En cause, le fait que Bruce ait attendu un an après la fabrication de son premier exemplaire en 1964, pour déposer le brevet. L’avocat de Meyers encourage alors son client à faire appel de la décision, mais Bruce a déjà dépensé plus de 30 000 $ dans cette affaire. Le chef d'entreprise adopte donc une autre stratégie. 

Un Meyers Manx ou un LM Sovra LM2 sur un vêtement ou un objet vintage? C'est sur Classic Mobil 

L'implosion 

Bruce Meyers décide de diversifier ses activités. Il développe deux autres buggys, le “Tow'd” et le “SR”, plus typé route. A côté de cela, il invente un spa en fibre de verre, bien avant la mode des jacuzzis et un lit d’enfant en forme de voiture Can-Am. Mais cette frénésie de projets ne parvient pas à cacher le mal qui ronge l’entreprise. Meyers est en train d’imploser. Trop occupé à répondre à la demande de ses Manx, il voit chaque jour apparaître de nouveaux concurrents qui copient son modèle. “trop de concurrents pour les compter” dira-t-il en 2006. Il est même impossible de connaître le nombre de concurrents produits mais sur les 300 000 buggys estimés dans le monde, seuls 5000 à 7000 sortaient de l’atelier de Meyers. Les Tow’d et SR reçoivent un accueil mitigé avec respectivement 850 et 500 unités produites. 

Le brevet du Manx

En 1970, l’entreprise Meyers compte 70 employés. Pendant ce temps, les concurrents, souvent moins chers, plombent le marché avec des buggys de qualité très inférieure. Mais plus que tout, c’est le moral de Bruce Meyers qui souffre de cette concurrence injuste. Les frais de justice s’accumulent, et c’est une perte sèche. Dans la majorité des cas, la justice ne reconnaît pas la notion de propriété intellectuelle à ce hippie en chemise à fleurs qui construit des bagnoles en kit, en forme de baignoire. Clairement, personne ne le prend au sérieux. 

La goutte d’eau 

Le coup de grâce arrivera au cours de l’année 1970. Meyers, est plombé moralement par ces histoires, et se retrouve endetté par les frais de justice. Les semaines passent et Meyers commence à douter “A quoi bon travailler comme un con, si à la fin je n’ai plus le temps de profiter de la vie, et que je m’endette?”. Acculé, il se voit dans l’obligation d’emprunter 20 000$ à ses beaux-parents. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Meyers annonce que son entreprise ne verra pas 1971. “Ils m’ont tous pris. Mon argent, mon rêve Californien, et mon énergie”. Une fois la décision prise, Meyers ne veut plus entendre parler de buggys. “Cette page est définitivement tournée”, pense-t-il alors. 

Allergique aux buggys 

Meyers est fâché, et ça va durer très longtemps. “Cela m’a pris 10 ans avant de ne pas me mettre en colère quand j’entendais le mot "buggy”.  Pourtant j’étais un surfeur à la cool. Mais certaines choses sont insupportables". Après avoir fermé la boîte, Meyers se retrouve à vivre dans un camping-car en attendant de construire une maison à l’abri d’une crique isolée au Mexique. Pendant cinq ans, de 1975 à 1980, il trouve un emploi chez un carrossier, avant qu’on lui propose de restaurer une Rolls-Royce de 1964. Il se lance alors dans la restauration automobile mais une fois de plus Bruce n’est pas un gestionnaire. Ce projet laisse ses finances exsangues, Bruce sous estimant systématiquement chaque phase de la restauration. Une fois de plus, Meyers est épuisé, financièrement et émotionnellement. A ce stade de l’histoire, Bruce vient de se marier...pour la sixième fois. Avec Winnie, sa nouvelle épouse, il retourne vivre en Californie, à San Diego. 

La France va sauver Bruce 

Il faudra attendre les années 90 pour que Bruce Meyers accepte à nouveau d’entendre le mot “Buggy”. En 1994, contre toute attente, il accepte même une invitation à se rendre à un rassemblement du genre, pour les 30 ans du buggy, célébrés sur le circuit du Mans et organisés par Jacky Morel.  Jacky Morel va donc accueillir notre Bruce à Marne-la-Vallée et l’emmène au Mans, au rassemblement des 30 ans du Meyers Manx. Un voyage qui va réveiller en Bruce quelque chose depuis longtemps enfoui. En arrivant au Mans, Bruce est accueilli comme une rock star par une foule de fans conquis. Notre américain, qui ne s’attendait pas à un tel accueil, est sincèrement ému. Jacky Morel nous raconte : “A l’époque il vivait un peu isolé, dans une caravane posée dans le jardin de ses beaux-parents. Il ne voulait plus entendre parler de tout ça. Quand il a reçu l'invitation, il s’est un peu renseigné. Il n’y avait pas internet, mais ses amis lui ont confirmé que nous étions des gens sérieux et passionnés.”

 

La révélation 

Une fois au rassemblement, Bruce Meyers est un peu surpris par le nombre de répliques présentes. “En France forcément il y avait plus de répliques que de vrais Manx. Mais j’ai pris Bruce à part et je lui ai dit “Regarde plutôt les visages des gens. Tu as vu, ils ont tous le sourire. C’est grâce à toi et à tes buggys.” ajoute Jacky Morel. La suite va lui donner raison : la plupart des mecs qui roulaient dans de “faux Meyers Manx” ne rêvaient que d’une chose : avoir une vraie coque faite par Bruce. “Avant qu’il reparte, on lui a dit : refais-nous des coques !” C’est un Bruce Meyers reboosté qui repart en Californie. En Novembre, il invite à son tour Jacky Morel outre-atlantique, pour assister à la Baja. Entre-temps, Bruce a édité un flyer pour créer le club Meyers Manx. A chaque fois qu’il croise un buggy en Californie du sud, il dépose un flyer sous l’essuie-glace. Rapidement, les membres affluent, une communauté se forme,

Le retour ! 

Le but de ce club est de recenser les Manx survivants, mais aussi de tâter le terrain pour un éventuel retour en production. Rapidement cela se confirme :   les propriétaires de Manx sont très attachés à leur véhicule, et les conducteurs de buggys concurrents rêvent tous d’avoir un vrai Manx. En 2000, Meyers décide de relancer une production en édition limitée de nouveaux kits Manx pour 2000 $ chacun. Comme au bon vieux temps, Bruce n’a aucune idée du nombre de commandes qu’il va recevoir. “Je me demandais si j’allais en vendre 20. J’ai quand même décidé de fixer à 100 exemplaires cette série limitée. J’ai vendu les 100 en un mois”. Et comme au bon vieux temps, le prix est tellement bas que Bruce ne gagne pas un centime sur les ventes. Mais après avoir annoncé que ce buggy serait fabriqué à seulement 100 exemplaires, impossible de continuer la production. 

Un nouveau buggy 

Au sein du club, nombreux sont les membres à demander un buggy capable d’accueillir confortablement quatre personnes. “Les clients voulaient aussi un coffre” précise alors Meyers. En tous cas, l'intérêt pour un Manx moderne pousse Meyers à remettre le doigt dans l’engrenage.  «Il n'y a pas d'artistes à la retraite», a dit un jour Meyers lors d'une interview. A l'âge où votre grand-père entrait en maison de retraite, Bruce sort le “Manxter 2 + 2”. Comme l'original, il est basé sur un plancher VW Cox, mais celui-ci n'est pas raccourci. Comme l’original, il sort d’un tout petit garage, pas plus grand que celui de Newport. Son prix lui, passe à 5395 $ et Bruce en produira au moins une soixantaine. Mais une autre demande du club va le pousser à relancer la fabrication de pièces de rechange pour le Manx original et à décliner quelques versions du Manxter. 

Bruce lâche les rênes

Quelques mois avant de mourir, les époux Meyers ont vendu l’entreprise à une société d’investissement nommée Trousdale Ventures. Une façon d’assurer la suite des Meyers Manx. “C’était le bon moment” disait Winnie son épouse au moment de la cession. Le nouveau président de la société, Phillip Sarofim, semble décidé à lancer une nouvelle génération de buggys “avec le même esprit de plaisir et d’aventure que les originaux”. Pour confirmer cette volonté, une équipe de designers et d’ingénieurs aurait été mise sur pied, sous la houlette du designer Freeman Thomas, comme le confirmait Bruce Meyers, il y a quelques mois : “

Très très grand merci à Jacky Morel, pour son interview, ses anecdotes, ses photos, on a hâte de lire ton bouquin. françois

“Il faut maintenir l’ancien et construire le futur.  Nous pensons que Meyers Manx LLC y arrivera.  Avec leur désir de respecter notre héritage,  l'avenir sera plus brillant, plus heureux, plus ensoleillé que jamais, une merveilleuse renaissance pour ce que nous avons créé.”. 

La dernière apparition publique de Bruce Meyers était en 2019. Il était invité sur un salon par Volkswagen à découvrir le prototype de buggy électrique “iD Buggy”, une forme de reconnaissance pour le surfeur de Newport, qui toute sa vie n’aura cessé de découper des Coccinelle pour les transformer. Bruce Meyers s’est éteint la semaine dernière, à l'âge de 94 ans. 

 

Nicolas Laperruque 

Sources : Jalopnik, Motorauthority.com, racer.com; Archives personnelles, journal.classiccars.Com Archives personnelles de Jacky Morel

Merci à Olivier de l'excellente page Car Design Archives 

Merci à Jacky Morel pour les photos et son témoignage

Pour aller plus loin : L'histoire du buggy Français 

 

 

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