20 janvier 2021

Essai Skoda 135 Rapid, la Porsche 911 de l'est

Skoda avant de devenir un satellite de Volkswagen était une marque dite “de l’Est”. Mais loin de l’image surannée qu’on peut en avoir aujourd’hui de son passé,  la marque était capable de coups de folie.  Comme par exemple proposer un coupé “sportif” à moteur arrière. 

En attendant la révolution 

La 135 Rapid est l’évolution de la Skoda Garde, une voiture à l’histoire singulière. Suite au printemps de Pragues, les autorités Tchécoslovaques décident d’offrir une usine à la partie Slovaque du pays. La Skoda Garde est pleine d’ambition et devient la première voiture produite en série en Slovaquie. Mais elle a également une idée derrière la tête. Dans les années 80 les pays du bloc communiste ont besoin de devises étrangères. On conçoit la Garde puis la Rapid comme des produits exportables. Un petit véhicule fun, abordable et avec une ligne sportive, l’ultime évolution du “tout à l’arrière” avant l’arrivée de la Favorit, qui sera la première traction moderne de la marque. 

Libérer la puissance 

C’est près de l’usine Skoda de Mladá Boleslav que j’ai rendez-vous avec la bestiole. J’embarque un photographe local qui part avec une autre Skoda classique. Les voitures sont à disposition, le temps qu’il faudra. Je me glisse à l'intérieur de ce coupé de l’est. La première impression est bonne, l’assise offre un moelleux appréciable et la sensation de confort continue une fois les premiers kilomètres parcourus. Notre 135 Rapid est dans un état remarquable. Le moteur OHV s’ébroue dignement, direction la voie rapide où les 58 chevaux vont pouvoir s’exprimer en toute liberté. Je suis surpris par la modernité de l’ensemble. Je m’attendais à un véhicule complètement obsolète, je découvre un petit coupé largement capable de s’insérer dans le flot de véhicules et pas moins bon que la plupart des voitures contemporaines. 

Question d’équilibre 

J’entame une boucle sur le réseau secondaire pour commencer la séance photo. La maniabilité de la Rapid avait été considérablement améliorée par rapport aux berline Skoda de l’époque. Soyons honnêtes, il restait une belle marge de progression. C’est la répartition des masses qui est en cause. A l’arrière, le moteur, posé longitudinalement et légèrement incliné vers la droite, surplombe l’essieu arrière. A l’avant, le coffre, surtout s’il est vide, n’est pas en mesure d’assurer un bon équilibre, si on s’en tient à des critères rationnels. Mais cette architecture ne vous rappelle rien? 

Fun comme une Porsche, abordable comme une Lada 

Quand la Rapid est arrivée en Europe, le magazine Autocar avait titré “Qu’est ce qui est aussi fun qu’une Porsche et qui vaut seulement quelques milliers de livres?”. Une réputation de “Porsche du pauvre”qui allait lui coller à la peau. Après quelques aller-retours pour les photos, mon photographe Slovaque me laisse seul avec la Rapid. Je dois rentrer à l’usine mais je vais faire un détour par les routes à virages. Je commence à comprendre le mode d’emploi. En prenant un peu de vitesse, la Skoda devient vite survireuse, pour mon plus grand plaisir. La suspension avant avec doubles triangles et ressorts hélicoïdaux fait le boulot. Le freinage lui, n’est pas aussi convaincant. Malgré des disques à l’avant, ils manquent cruellement de mordant et d’endurance. 

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Unique !

Cela n’entame pas mon enthousiasme. On ne peut enlever à la Rapid qu’elle est agréable à conduire, confortable, délicieusement vintage et surtout très marrante. Au fil des kilomètres, elle virevolte d’un virage à l’autre, bondit, se cabre, sur un petit coup de frein. On  finit par comprendre et réussir à la placer assez précisément en entrée de courbe. Le contre braquage fait son office, l’arrière devient mobile. La Skoda ne se conduit pas, elle se pilote. Et c’est bien là tout l'intérêt de cette voiture. On peut prendre du plaisir à son volant pour le prix d’une jante de Porsche 911 Turbo. Evidemment, cette analyse ne résistera pas à l’analyse des chiffres. Mais quel intérêt de savoir que ce moulin de 58 chevaux mettra 16 secondes pour atteindre le 100 km/h? L’important c’est les sensations et cette Skoda n’est pas avare de ce côté là malgré la modestie de sa fiche technique. 

A acheter d’urgence 

Avec seulement 1272 unités produites, sautez dessus si vous en trouvez une à vendre et offrez vous une des rares voitures capables de vous donner le sourire sans endetter votre famille sur 10 ans. D’un point de vue purement historique, il s’agit du dernier coupé de la marque. Le dernier véhicule de la marque avant le passage au “tout à l’avant” initié par la Favorit. Une autre époque où Skoda n’était pas encore dans le giron du groupe Volkswagen, et produisait des autos imparfaites mais diablement attachantes. De quoi la rendre indispensable. 

Nicolas Laperruque

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