19 décembre 2020

En tête à tête avec la Porsche 917 psychédélique du Mans 1970.

C’était pendant le Saint-Jean-Cap-Ferrat Prestige & Patrimoine. Au petit matin du deuxième jour de l’événement, on était venu me chercher : “Ce matin, on t'a prévu une surprise”. Une très belle surprise. Quelques heures pour une rencontre avec la mythique 917 “psychédélique” de Gérard Larrousse dans un endroit à couper le souffle. 

Le Mans 1970 

Nous sommes en 1970, sur la liste des engagés aux 24 Heures du Mans, Porsche aligne une nouvelle 917. Le numéro de châssis 43 reçoit pour l’occasion une carrosserie modifiée affichant “une longue queue”. Le capot arrière est modifié et allongé, deux prises d’air sont installées pour refroidir les freins arrière, le capot avant présente une nouvelle apparence et le large aileron arrière n’est pas là pour faire semblant. L’objectif de ces modifications est de gagner en stabilité, même si cela se fait au détriment de la vitesse de pointe. La 917 queue longue doit se montrer plus facile et plus efficace en courbe. 

Psychédélique 

On se souvient évidemment de cette 917 grâce à sa peinture “psychédélique” qui continue de marquer la rétine 50 ans plus tard. A l’époque, c’est Gérard Larrousse et Willi Kauhsen qui auront le bonheur de piloter la bestiole. Engagée par le Martini Racing, la 043 est dotée du bloc 4,5 litres et d'une boîte 5 vitesses. Après une qualif terminée à la 12ème position, Gérard Larrousse hisse la 917 à une prometteuse 7ème place après une heure de course. La voiture fait preuve d’une belle fiabilité et grapille des places jusqu’à pointer à la 3ème place après la septième heure de course. On commence alors à rêver d’un podium. Différents petits ennuis mécaniques et une crevaison auront raison des rêves de victoire mais finit à une très belle seconde place au terme de 338 tours menés tambour battant. 

La rencontre 

Ce matin je quitte mon hôtel pour me rendre dans un autre hôtel. Mais pas n’importe lequel, comme en témoigne le voiturier qui se précipite vers moi au moment où je rentre mon Mazda CX-5 diesel dans l’allée. Après la traditionnelle blague “Attention mon gars, te laisse pas surprendre par la puissance hein”, je lui tend mes clés. Je me retourne et une magnifique BMW nonchalamment stationnée devant l’entrée me caresse les yeux. Mais je sens que la surprise est ailleurs. 

Le Grand-Hotel 

En pénétrant dans le hall de l'établissement, je me dit que cet endroit est déjà une belle surprise en soi. La légende dit que devant l'afflux des premiers touristes des années 30, on cherchait un architecte capable de construire une piscine  aux dimensions olympiques à proximité immédiate du rivage. Elle se devait d’être plus grande et plus belle que la piscine de l'Eden-Roc du Cap d’Antibes. Devant l’ampleur et la complexité de la tâche, les architectes hésitaient à se lancer dans le coffrage d’une cuve de béton armé de plus de trente mètres de longueur, soumise aux aléas du bord de mer. Finalement c’est une entreprise de maçonnerie locale qui décrochera le chantier. Il construit alors l’hôtel, la piscine, tout seul comme un grand sans architectes ou maîtres d'œuvres avec simplement sa petite équipe d’ouvriers fraîchement constituée. Aujourd’hui l’hôtel est toujours debout et son livre d’or est signé par Elizabeth Taylor, Winston Churchill et Nicolas Laperruque. La rosée du matin recouvre encore le gazon de l’immense jardin, lorsque j’aperçois la fameuse surprise. Le petit déj continental attendra. J’ai rendez-vous avec la 917. 

Beauté divine 

L’équipe du Saint-Jean-Cap-Ferrat Prestige & Patrimoine a fait les choses en grand. La 917 est là et n’attend plus que moi pour une petite séance photo improvisée. L’occasion d’appréhender “en vrai” les proportions de ce chef d'œuvre. Notre œil d’homme de lotissement, déformé par le moindre Renault Scenic chaussant des roues de 21 pouces est surpris par les petites roulettes de la Porsche. Mais ce qui épate le touriste russe et sa blonde, c’est l'élégance des lignes. De l’écoulement de l’air devrais-je dire. La fonction fait la forme. On s’imagine volontiers, partagé entre peur et envie, assis à quelques centimètres du sol, dépasser les 300 km/h dans la ligne droite des Hunaudières. C’est sûrement ça le Prestige et le Patrimoine. Quand on peut toucher du doigt les plus belles formes de l’histoire automobile. 


 

Nicolas Laperruque 

 

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