02 octobre 2019

James Dean, Episode 1 : La carrière de pilote

James Byron Dean est né le 8 février 1931 à Fairmont, bled paumé de l’Indiana. C’est le fils unique de Winton Dean, Dentiste et de Mildred Dean. Rien ne prédestinait le petit James a devenir un acteur adulé. Si sa carrière d’acteur fut fatalement brève, c’est sa carrière de pilote que nous allons vous raconter. 


En 1936, suite à une proposition de travail reçue par son père, James et toute la famille déménagent en direction de Los Angeles, Californie. C’est ici qu’il commencera à toucher au théâtre et aux arts, représentant régulièrement son école dans différentes pièces ou spectacles. Il se plaît à rêver d’une carrière d’acteur, lui qui traîne régulièrement dans le Hollywood d’avant guerre où tout semble possible. Pourtant à 9 ans le décès de sa mère bouleverse ses plans. Après l’enterrement, son père rentre en Californie, sans lui. Le père Dean, qui n’a jamais montré une fibre paternelle débordante confie son fils à sa belle soeur qui l’élèvera. Retour à la case départ pour James Dean. Le drame 

Jimmy plein gaz

Le déclic viendra quelques années plus tard lorsqu’il récupère son premier engin motorisé, un vélomoteur américain de marque Whizzer. Le frêle et paisible engin connaît dans les mains de James une fin de carrière sportive. Dans le village on surnomme vite le petit gamin “Jimmy plein gaz” tant il ne semble connaître d’autre façon de conduire. Ce premier 2 roues est rapidement échangé contre un Czech, engin Tchécoslovaque flambant neuf offert par son oncle. Celui ci racontera plus tard que tout le monde était terrifié par la conduite insouciante de James. 

De 2 à 4 roues

La première expérience sur 4 roues de Dean se fait à bord de la Plymouth 1934 d’un ami. L’énorme paquebot, au moteur gonflé passe dans les mains de toute la bande de copains. Au menu, une route de quelques kilomètres et au milieu de celle ci un virage, surnommé “le virage suicide”. L’objectif étant de passer le plus vite possible dans ce virage pour faire un temps convenable sur le parcours. A ce petit jeu, d’emblée James fait montre de ses talents de pilote. Le jeu prendra fin le jour où un de ses amis fera un tonneau en essayant de le battre. De toute façon James regarde déjà ailleurs. Le 14 juin 1949 il part en Californie, pour devenir acteur.
Les auditions se succèdent sans grand succès. James part finalement à New York pour tenter sa chance à Broadway. Ses premiers rôles lui permettent d’acheter une moto Norton. Il conduit toujours comme un fou et manque de se tuer plusieurs fois avant de devenir célèbre.  James Dean commence à perdre patience mais un jour Elia Kazan vient le voir au théâtre. Le réalisateur de “Sur les quais” avec Marlon Brando, excusez du peu, cherche un acteur pour son prochain film. 

La première Porsche de Dean 

Ce sera James Dean dans “A l’Est d’Eden”, la légende est en marche, le petit gars de l’Indiana signe son premier contrat chez Warner et avec son premier cachet s’achète une Triumph T110 d’occasion, puis rapidement une T500 neuve. 
La première voiture de James sera une MG TD Rouge de 1953. A cette époque les Etats unis ne produisent pas de vraies sportives comme on l’entend en Europe. La MG sera une des premières Européennes à séduire l’américain désireux de plus de sportivité et de légèreté. 
James se lasse vite de ce jouet et un autre cachet d’acteur sera englouti dans l’achat d’une Porsche 356 Speedster d’1.5 litres de cylindrée développant 70 chevaux et pouvant rouler à 160 km/h. Cet achat, qui peut paraître anodin est au contraire mûrement réfléchi. James a une idée derrière la tête et compte bien s’engager en compétition à bord du bolide. Hors, justement son moteur lui permet de s’engager dans la catégorie “Série de moins de 1500cc”. James le sait, il a la bonne voiture désormais pour le faire. Il lui reste à peaufiner son coup de volant. La route de Mulholland Drive, habitée de nombreux virages et reliant Laurel Canyon à Hollywood est le terrain idéal. James parcourt en quelques jours cette route des dizaines de fois, à des vitesses folles et de plus en plus vite. Un ami à lui confiera plus tard qu’il avait accumulé 1600 kms d'entrainement en quelques jours. Si James est si pressé c’est qu’il veut s’engager dans sa première course le 26 mars 1955. Le “California Sports Cars Club” y organise à Palm Springs une épreuve réunissant les meilleurs pilotes de Californie. 

Les débuts en compétition 

L’épreuve se déroule sur deux journées, les 26 et 27 mars. Le premier jour étant consacré aux qualifications. Le moins qu’on puisse dire c’est que l’accueil est plutôt frais de la part des pilotes professionnels pour le jeune Dean. Au mieux on le prend pour un original, au pire pour une mauviette mais tous s’accordent pour penser que l’acteur n’a pas sa place sur la grille de départ. Justement la qualification se déroule sous forme de course. Un tirage au sort est effectué et James doit partir de la troisième ligne. Auteur d’un départ canon grâce à la vivacité de sa Porsche, James se positionne au premier virage en seconde position après avoir doublé 8 voitures ! A la fin du premier tour, il est en tête. Mieux personne n’arrive à tenir le rythme imposé par le jeune insolent et celui ci remporte haut la main cette manche de qualification. Au terme des 6 tours, il possède une solide avance de 600 mètres sur le reste du peloton. 
La course qui se déroule le lendemain compte 27 tours à couvrir pour une distance totale de 120 kilomètres. Auteur d’un départ prudent, James se retrouve à la bagarre avec Ken Miles un anglais vivant en Californie et un certain Yédor, tous les deux sur de puissantes MG. Longtemps 3ème, James finira en seconde position après la disqualification de l’anglais. Ce premier week-end de course sonne comme une victoire pour James Dean,  qui attendait depuis si longtemps de pouvoir se mesurer à de vrais pilotes. 
Le weekend du premier mai, c’est sur le circuit de Bakersfield que James et ses adversaires se retrouvent. Sous une pluie battante James réalise le 3ème temps de la qualification, en étant premier de sa catégorie. 
Le dimanche sera plus compliqué l’acteur devant faire face à de sérieux prétendants à la victoire dont John Von Neumann, grand favori. Celui ci pilote une Porsche Spyder 550, la dernière merveille de Stuttgart. James Dean est impressionné par cet engin qu’il découvre sur le parc fermé de la course. Il termine à une belle 8ème place le lendemain au terme d’une bagarre haletante avec Springer Jones, pilote expérimenté. 
James repart du circuit en ayant gagné le respect de tous mais il sait qu’il devra changer de monture pour progresser encore. 

Casse moteur pour le casse cou 

La prochaine course se situe à Santa Barbara le jour du Memorial Day. James Sort le numéro 18 au tirage au sort. Cela signifie qu’il devra partir en fond de grille pour tenter de se qualifier. Au bout de quelques tours, après avoir évité quelques MG en perdition et effectué une quinzaine de dépassements, James commet une erreur et part en tête à queue. Il repart à la chasse et se hisse à la 4ème place ! Depuis le début de cette manche c’est au moins 30 dépassements que l’acteur aura à son crédit. Mais à trop vouloir attaquer le moteur de sa 356 rend l’âme. James doit abandonner.

Interdiction de courir 

Le tournage du film “Géant” commence. James a l’interdiction de courir pendant ce temps. Les assureurs du film ont pris leurs dispositions pour éviter toute prise de risque in
utile. Mais James Dean qui a changé de mécanicien, commande une Lotus en prévision de son retour à la compétition. 
Début Septembre, alors que le tournage touche à sa fin, James ne voit rien venir et redoute que la Lotus ne soit pas livrée à temps. Son nouveau mécanicien Rofl Wütherich, qui officie chez “Competition Motors” l’informe qu’il vient de recevoir 5 spyders 550. James saute sur l’occasion. Il rêvait de cette voiture. 

James Dean prend livraison d’un drôle d’engin 

Le 21 Septembre 1955 James Dean prend livraison d’une impressionnante Porsche 550 Sypder à la Villa Capri. Sur le capot sont posés 12 oeillets rouges. Ursula Andress, petite amie de l’acteur pilote refuse de monter à bord. James n’y prête pas attention. Il a les yeux rivés vers sa prochaine course, qui se déroule à Salinas les 1er et 2 Octobre. 
Le 30 Septembre il prend le volant accompagné de son mécanicien en direction de Salinas. Mais ça c’est une autre histoire. A suivre, dans Road-Story. 

Nicolas Laperruque 

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