16 avril 2021

Le secret inavouable de la Ferrari 365 GT4 ( BB 512 )

La 365 GT4 BB est une des Ferrari les plus désirables. Une beauté incomparable diront certains. Incomparable, sauf peut-être à une certaine Brigitte Bardot. Histoire d’un secret, révélé 47 ans après ! 

Baptême Italien 

La nomenclature Ferrari a longtemps été le résultat d’un calcul prenant en compte la cylindrée. Prenez la 250 GTO. Le nombre “250” correspond au volume en centimètres cubes de chaque cylindre du moteur tandis que “GTO” signifie “Gran Turismo Omologata” dans cette magnifique langue Italienne. Ce qui signifiait tout simplement “Homologuée pour courir en grand Tourisme”. Parfois l'appellation des bolides de Maranello répondaient à un élan de poésie. C’est le cas de la Testarossa, qui évoquait la couleur du cache culbuteur du moteur Ferrari, “les têtes rouges”. 

Succéder à la Daytona, une équation compliquée

Notre histoire du jour commence quand Ferrari lance l’ambitieux programme destiné à succéder à la magnifique Daytona. Pininfarina reçoit alors un cahier des charges irréalisable : “une voiture disposant, non plus d’un moteur à l'avant, mais du 12 cylindres monté en position centrale, mais qui aurait le même charme que la Daytona”. 
L’objectif est alors très clair : il s’agit de pulvériser la concurrence. Concernant le 12 cylindres, on utilisera le 12 à plat utilisé en Formule 1 dans la monoplace de Niki Lauda. 
Techniquement la fiche technique faisait rêver, mais pour ce qui était du style, l’équation devenait plus compliquée. Le défi était donc de rendre élégante une supercar à moteur central, qui ne pouvait plus compter sur un long capot comme ses devancières, les 275 GTB ou Daytona. 

Le chef d’oeuvre de Pininfarina 

Le Maître Italien Pininfarina relève le défi et réalise un prototype en unissant deux coques, une supérieure et une inférieure. La partie basse est peinte en noir pour souligner le concept. Le proto est un véritable chef d’oeuvre, une des plus belles voitures de sport jamais créé. Avec son nez très plat et écrasé, son pare-brise enveloppant, ses grilles de refroidissement qui deviennent des éléments de design, elle en jette. 


En résumé, cette Ferrari, née du génie de Leonardo Fioravanti est une véritable œuvre d'art. 
Si fascinante que Fioravanti et ses interlocuteurs à Maranello, Angelo Bellei et Sergio Scaglietti, perdent littéralement la tête. Ils diront tous plus tard qu’ils en parlaient comme on parle de l’amour de sa vie. A l’époque LA star féminine incontournable c’est Brigitte Bardot. L’équipe qui bosse sur la prochaine Ferrari va donc tout naturellement lui donner le surnom de “BB”. Le surnom fait le tour du bureau d’études et est vite repris par tout le monde chez Ferrari. Le travail continu à rythme acharné. C’est un travail de titan de réaliser en si peu de temps le premier modèle à moteur central de l'histoire du Cheval cabré. 

Salon de Turin 1971 
Finalement arrive le jour tant attendu de la révélation au public, qui se déroule au salon de Turin 1971. La voiture prend alors l'appellation officielle de 365 GT4 BB. Un nom qui mérite une explication détaillée. Le “365” indique la cylindrée unitaire qui, multipliée par 12 permettait d’obtenir la cylindrée totale de 4 390 cm³. Le “GT » signifiait évidemment “Grand Turismo”, alors que le “4” indiquait le nombre d'arbres à cames en tête. Pour le “BB” on parlait officiellement de “Berlinetta Boxer”. Une solution parfaite pour dissimuler une belle histoire d’amour. 

Un secret vieux de 47 ans

Il faudra attendre 2018 et une interview de Leonardo Fioravanti pour connaître le fin mot de l’histoire. L'appellation “BB” était bien un hommage aux formes de Brigitte Bardot. L'appellation “Berlinetta Boxer” était elle même totalement inexacte. Selon la tradition en vigueur chez Ferrari, et ailleurs, Berlinetta indiquait des voitures avec moteur avant. Bien loin d’une supercar à moteur central. 
La seconde approximation lexicale était moins flagrante mais concerne l’emploi du terme “Boxer”. Le moteur n’est pas techniquement un moteur Boxer, mais un V12 avec un angle de 180 degrés. Le principe d’un moteur Boxer étant d’opposer les pistons les uns aux autres. 
Si je vous en parle que maintenant, c’est parce que officiellement Ferrari a repris l’info dans un communiqué de presse il y a peu. Mais il y a aussi une autre version à cette histoire. 

La version Forghieri 

Dans une interview, Mauro Forghieri qui était l’ingénieur en chef de la Scuderia en F1dans les années 70 explique que BB signifie “Berlinetta Bialbero”, autrement dit “Berlinette à double arbre à cames”.  pour lui le B signifiant Boxer est une interprétation des journalistes. Et il complète :"Mais il n’y a rien à faire, les gens continuent de l’appeler Boxer. C’est assimilé, il n’y a plus rien à y faire. J’ai beau le répéter, souvent, ça ne sert à rien. Peut-être même qu’ils ne me croient pas!”  Fort possible en effet, vu que l’équipe qui a développé la voiture elle même ne diffuse pas cette version. De quoi laisser planer une petite part de mystère sur cette histoire. 

Nicolas Laperruque

Sources : Ferrari
Al Volante 
Ferrari Magazine 
Drive Experience interview de Forghieri par Davide Cironi

 

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